L’Union européenne a décidé de repousser l’ouverture officielle des négociations d’adhésion avec la Macédoine suite au refus de son proche voisin, la Grèce, formellement opposé à tout lancement anticipé des discussions.
Revue de presse
Un accord adopté le 8 décembre par les ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles affirme qu’ils envisageront la question au moment de la présidence espagnole de l’Union, programmée du 1er janvier au 30 juin 2010.
La Macédoine espérait en fait que les dirigeants de l’Union détermineraient une date de lancement des négociations lors du Conseil européen des 10 et 11 décembre, la Commission européenne ayant soutenu une telle avancée en octobre.
Mais Athènes s’oppose fermement à l’entrée de la Macédoine à cause d’un désaccord sur l’appellation officielle du pays. « Macédoine » est en effet le nom d’une province grecque frontalière de l’ancienne République yougoslave.
« Les membres du Conseil ont pris acte de la position de la Commission, qui recommande l’ouverture rapide des négociations d’adhésion, et se pencheront de nouveau sur la question au moment de la prochaine présidence », ont affirmé les ministres dans la déclaration.
Un projet de déclaration antérieur expliquait quant à lui que les ministres réétudieraient la question en mars 2010, dans le but de fixer une date pour l’ouverture des négociations.
Selon une source diplomatique européenne, Athènes a indiqué ne pas vouloir lever son veto avant les élections présidentielles grecques de mars 2010.
Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a déclaré lundi 7 décembre que les ministres n’étaient pas sur la même longueur d’onde, la Grèce s’opposant à toute mention d’une date alors que d’autres pays souhaitaient lancer les négociations au plus vite.
La France soutient la Grèce
Il a précisé que la France, qui désire repousser tout nouvel élargissement de l’UE après l’adhésion attendue de la Croatie et de l’Islande en 2012, a soutenu la Grèce en signe de solidarité. Ceci en dépit du bénéfice pour l’UE de commencer les discussions dès que possible.
La déclaration a salué les progrès des réformes en Macédoine, en particulier dans le domaine de la lutte contre la corruption. La Macédoine a également établi des liens plus étroits avec l’UE ces derniers mois, d’où la levée probable des restrictions sur les visas le 19 décembre. Toutefois, les ministres réclament une justice plus indépendante et la position de la Grèce reste un obstacle.
Ces derniers ont plaidé pour une résolution de la question du nom et un maintien de bonnes relations de voisinage. Ils se sont félicités du réchauffement des relations entre la Grèce et la Macédoine.
POSITIONS:
Dans un éditorial intitulé « Un holocauste européen », le quotidien macédonien Nova Makedonia remet en question l’intérêt pour le pays de rejoindre une UE qui n’a « aucun principe ».
« Quel prestige y a-t-il encore à adhérer ? Où est le prestige dans une Union où le dialogue est remplacé par les diktats ? », lit-on dans l’éditorial. Et d’enchaîner : « Quel type de valeurs ces eurocrates prêchent-ils, s’ils ne sont pas tenus de les respecter en premier lieu ? De quels progrès parle-t-on quand vous dites aux Macédoniens : agenouillez-vous, baisez ma main, et pour le reste, nous déciderons …» Autre grief : nommer le dernier communautaire « traité de Lisbonne », port « d’où l’Europe a commencé ses conquêtes coloniales ». « Un nouveau néocolonialisme ? N’est-ce pas l’esprit de la décision d’aujourd’hui du Conseil des ministres ? », s’interroge le texte.
CONTEXTE:
En avril 2006, Athènes a refusé l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN. La raison: un conflit sur la dénomination « Macédoine ».
La Grèce craint en effet d’éventuelles revendications territoriales de Skopje sur la province homonyme du nord de la Grèce. Une réaction nationaliste violente a suivi dans le petit Etat de 2,5 millions d’habitants.
En conséquence la Macédoine, candidate officielle depuis décembre 2005, ne peut toujours pas prétendre à l’ouverture des négociations pour adhérer à l’UE. Les documents parlent d’ailleurs d’«ancienne république yougoslave de Macédoine» (ARYM) et non de Macédoine.
Les négociations sous l’égide de l’ONU pour résoudre le différend avec la Grèce progressent peu. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont réunis les 7 et 8 décembre à Bruxelles pour décider de la suite du processus d’adhésion des candidats à l’UE.
Ces rencontres préparent le sommet européen des 10-11 décembre, où des décisions sur les questions d’élargissement devraient être prises



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