Quel que soit le vainqueur à l’issue des élections, le déroulement démocratique du premier tour des présidentielles en Ukraine montre la volonté du pays d’avancer vers l’adhésion, ont affirmé les autorités polonaises.
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L’Ukraine fait le choix d’un chemin réaliste vers l’intégration à l’UE
Le second tour des élections opposera l’actuelle premier ministre Ioulia Tymochenko, qui a joué un rôle clé au moment de la Révolution orange de novembre 2004, et Viktor Ianoukovitch, l’ancien président russophile arrivé en tête au premier tour.
Les observateurs internationaux de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ont affirmé que le premier tour de l’élection présidentielle de 2010 avait été de haute qualité, et que cela révélait des progrès significatifs par rapport aux scrutins précédents, a rapporté Reuters.
La Pologne soutient avec force l’adhésion de sa voisine, à la fois à l’UE et à l’OTAN. La Russie est quant à elle particulièrement opposée à l’adhésion des anciennes républiques soviétiques à son ancien ennemi de la guerre froide, l’OTAN. Et considère par ailleurs que l’Ukraine fait partie de sa sphère d’influence.
« Nous verrons qui les Ukrainiens choisiront lors du second tour, mais je crois que la direction que prendra l’Ukraine est d’ores et déjà fixée. Je ne vois pas comment on pourrait faire machine arrière. L’Ukraine fait partie de l’Europe », a confié le conseiller présidentiel polonais Mariusz Handzlik à Reuters.
Le ministre des Affaires étrangères polonais, Radoslaw Sikorski, a fait écho aux commentaires de M. Handzlik plus tard dans la journée de mardi, expliquant que Varsovie était prête à apporter son soutien à la candidature de l’Ukraine à l’UE si Kiev continuait dans cette voie. « La Pologne souhaite avoir les meilleures relations possibles avec tout président ukrainien élu démocratiquement. Nous respecterons la décision de la nation ukrainienne quelle qu’elle soit », a-t-il dit.
L’Ukraine compte aujourd’hui à son actif une élection démocratique supplémentaire. « C’est déjà une grande victoire qui crée de bonnes perspectives pour un approfondissement futur des relations avec la communauté transatlantique », a déclaré M. Sikorski lors d’une conférence de presse.
M. Handzlik a quant à lui déclaré que l’UE avait besoin à la fois de l’Ukraine et de la Turquie afin de devenir un véritable acteur mondial. Contrairement à l’Ukraine, la Turquie est déjà candidate officielle et a entamé les négociations d’adhésion.
« Cela prendra certainement du temps, bien sûr, mais il y a sans aucun doute une place pour ces deux pays dans l’Union », a conclu M. Handzlik.
(EurActiv avec Reuters).
POSITIONS
L’eurodéputé polonais Pawel Kowal (Conservateurs et réformistes européens – ECR), président de la délégation du Parlement européen pour les élections présidentielles en Ukraine, a commenté le premier tour en disant que le peuple d’Ukraine avait un véritable choix démocratique à faire entre un grand nombre de candidats. « Un accès ouvert à l’information à propos des candidats et de leurs programmes a permis aux électeurs ukrainiens de faire une utilisation bien fondée de ce choix pluraliste », a-t-il dit.
L’eurodéputé polonais Marek Siwiec (S&D) a affirmé que les standards et les mécanismes démocratiques observés durant les dernières élections présidentielles, en 2005 et en 2010, ont réellement placé l’Ukraine au niveau de l’Union européenne.
L’eurodéputé lituanien Algirdas Saudargas (PPE) a également souligné ce point, affirmant que des élections libres et justes sont la meilleure garantie pour l’Ukraine de pouvoir continuer sa route sur le chemin de l’UE.
Prochaines étapes:
- 7 fév. 2010 : Second tour des élections présidentielles ukrainiennes
Contexte :
La plus grande partie du conflit interne au sein du « camp orange » concernait l’antagonisme entre M. Iouchtchenko et son ancienne alliée Mme Tymochenko.
M. Iouchtchenko a en premier lieu nommé Mme Tymochenko premier ministre en 2005. Il l’a renvoyée de son gouvernement quelques mois plus tard, estimant que la croissance économique avait ralenti sous son mandat. M. Iouchtchenko a tenté de conclure un accord avec M. Ianoukovitch en août 2006 mais a ensuite dissout le Parlement, accusant l’homme politique pro-russe de vouloir le déloger.
Mme Tymochenko est redevenue premier ministre en décembre 2007, après que son parti et celui de M. Iouchtchenko ont gagné de façon combinée 228 sièges parmi les 450 du Parlement. Mme Tymochenko a demandé au président de démissionner à maintes reprises. Les dirigeants européens ont fait souvent part de leur amertume concernant le conflit politique interne inopportun entre les deux anciens alliés de la révolution orange.
18 candidats ont déposé des documents pour être enregistrés en tant que candidats en 2010. A la toute fin de sa campagne, Mme Tymochenko a promis que son pays deviendrait membre de l’UE si elle est élue présidente.






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