Le second tour des élections présidentielles ukrainiennes opposera, le 7 février, le dirigeant de l’opposition Viktor Ianoukovitch et le premier ministre populiste Ioulia Timochenko. Le premier tour n’a pas permis de départager les candidats, selon les premiers résultats officiels dévoilés le 18 janvier.
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Le second tour des élections présidentielles ukrainiennes opposera, le 7 février, le dirigeant de l’opposition Viktor Ianoukovitch et le premier ministre populiste Ioulia Timochenko. Le premier tour n’a pas permis de départager les candidats, selon les premiers résultats officiels dévoilés le 18 janvier.
L’élection déterminera comment l’Ukraine, ancienne République soviétique de 46 millions d’habitants, coincée entre l’UE et la Russie, gérera ses relations avec ses deux puissants voisins. Selon le résultat, l'élection favorisera peut-être également le déblocage des aides accordées par le FMI pour soutenir l'économie ukrainienne en difficulté, jusque-là gelées.
Selon la presse ukrainienne, le président sortant Viktor Iouchtchenko aurait obtenu 4,97 % des voix, après le dépouillement de seulement 60% des bulletins.
Les analystes pensent que Ioulia Timochenko rassemblera une plus grande proportion des voix au second tour, et que Viktor Ianoukovitch pourrait avoir du mal à attirer les électeurs, en dehors de sa base de soutien dans l’Est russophone du pays.
Ioulia Timochenko, 49 ans, a aidé à mener la révolution orange pro-occidentale contre la victoire truquée de Viktor Ianoukovitch aux élections présidentielles de 2004. Sa cote de popularité est plus forte dans l’ouest du pays, pro-européen.
En prenant connaissance des premiers résultats, Mme Timochenko a jugé que son adversaire n’avait aucune chance de remporter le second tour le 7 février prochain, et a demandé à s’entretenir avec les candidats éliminés.
« A partir d’aujourd’hui je suis prête à discuter pour que nous puissions aller de l’avant en unissant les forces démocratiques », a-t-elle déclaré à des journalistes.
Stratégie d’élimination
Selon Andrew Wilson, politologue à l’European Council on Foreign Relations, le sondage organisé par le « National Exit Poll Consortium » a joué un rôle-clé, révélant une différence de quatre points seulement entre les deux candidats favoris.
« M. Ianoukovitch avait pour stratégie de faire tomber Mme Timochenko dès le premier tour en arrivant largement en tête », a-t-il dit. Mais cette stratégie a clairement échoué. Et la plupart des candidats éliminés semblent se tourner vers elle. Le dirigeant de l’opposition n’a donc plus aucune réserve de voix.
Deux autres candidats, l’ancien président de la banque centrale Serhiï Tihipko et l’ancien président du Parlement Arseni Iatseniouk, respectivement arrivés troisième et quatrième à l'issue du scrutin, ont annoncé qu’ils ne soutiendraient aucun candidat lors du second tour.
Mais Ioulia Timochenko espère néanmoins rencontrer Serhiï Tihipko dans les jours à venir, car il aurait rassemblé 12 % des voix.
Les deux candidats en tête se sont engagés à chercher à construire de meilleures relations avec la Russie voisine, qui fournit au pays une grande partie de son énergie, notamment pour éviter les démêlés qui ont eu lieu ces dernières années et qui ont conduit à une réduction de l’approvisionnement dans toute une partie de l’Europe.
M. Ianoukovitch veut une Ukraine forte et indépendante, suivant une voie neutre, sans rejoindre l’OTAN ou tout un autre bloc. Il a attaqué M. Iouchtchenko sur ses politiques excessivement provocatrices à l’égard de la Russie et a affirmé que le réel ennemi de l’Ukraine était la pauvreté.
Bien que Mme Timochenko ait eu à l’origine des relations tumultueuses avec Moscou, elle a récemment tenté d'assouplir ses liens avec le Kremlin. Le premier ministre russe Vladimir Poutine l’a décrite comme une interlocutrice avec laquelle la Russie pourrait faire des affaires.
POSITIONS:
« Si les résultats reflètent la réalité, alors Mme Timochenko a de fortes chances de remporter le second tour », a dit l’analyste indépendant Oleksander Dergachev. M. Ianoukovitch a presque reçu le niveau maximum de soutien et n’a jamais dépassé les 40 %. » « Nombreux sont ceux qui ne lui font pas confiance », a-t-il ajouté.
« Les voix en faveur de Viktor Iouchtchenko (président sortant) et Arseniy Iatseniouk (ancien ministre des Affaires étrangères et candidat à la présidentielle) vont tous aller à Mme Timochenko », a expliqué M. Dergachev.
« Il n’y a pas eu de surprise. On avait prédit qui seraient les trois candidats en tête du vote », a dit Mykhailo Pogrebyinskiy du « Kiev Centre for Political and Conflict Studies ».
« Toutefois, Mme Timochenko a, comme auparavant, réussi à obtenir des voix supplémentaires au dernier moment. Les sondages d’opinion ont montré une différence de 10 %. »
« M. Ianoukovitch est le favori du second tour, mais sans l’avantage qu’on prévoyait auparavant. Le suspens continue », a ajouté M. Pogrebyinskiy.
Yuri Yakimenko, analyste au Centre Razoumkov, a affirmé que « les résultats ont montré que les principales prédictions se sont réalisées et qu’il n’y a pas eu de surprise. La faible différence entre les candidats laisse une chance à chacun de gagner le second tour. »
« La stratégie de M. Ianoukovitch était de faire tomber Mme Timochenko en un tour en arrivant largement en tête », a affirmé de son côté Andrew Wilson, politologue à l’European Council on Foreign Relations. « Cette stratégie n’a clairement pas payé, de quelque manière que ce soit. La plupart des autres candidats semblent se tourner vers elle. Il n’a aucune réserve de voix », a-t-il ajouté.
(EurActiv avec Reuters)
CONTEXTE:
Il y a eu trois élections en Ukraine de 2004 à 2007 et d’autres élections auraient pu avoir lieu en 2008 avant que le président n’annule l’ordre de dissolution du Parlement.
Viktor Iouchtchenko a été élu président en 2004 après des semaines de « manifestations oranges » contre les fraudes du scrutin, qui ont engendré des politiques visant à faire sortir l’Ukraine de l’ombre de son voisin, la Russie.
Le dirigeant de l’opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch avait été à l’origine déclaré comme vainqueur, mais le résultat s’est inversé et M. Iouchtchenko a gagné après un nouveau vote.
La plus grande partie du conflit interne au sein du « camp orange » concernait l’antagonisme entre M. Iouchtchenko et son ancienne alliée Mme Timochenko.
18 candidats ont déposé des documents pour être enregistrés en tant que candidats. A la toute fin de sa campagne, Mme Timochenko a promis que son pays deviendrait membre de l’UE si elle est élue présidente (EurActiv.com 15/01/10).




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