Mercredi 16 décembre, l’Albanie a franchi une étape supplémentaire dans le processus qui la rapproche de l’Union européenne. La Commission européenne a remis à Tirana un volumineux questionnaire pour évaluer ses capacités à rejoindre les 27.

Helmuth Lohan, chef de la mission de l'UE à Tirana, a remis au Premier ministre Sali Berisha un questionnaire de 384 pages - soit 2280 questions - a annoncé sur son site la délégation de l'UE en Albanie.

« La remise du questionnaire marque aujourd’hui une étape importante sur la voie européenne de l'Albanie. Y répondre est une tâche exigeante qui nécessite un engagement fort de l'administration publique tout entière », a déclaré M. Lohan.

Le questionnaire accorde une importance particulière au respect des critères politiques de Copenhague, qu’il faut remplir pour accéder à l’Union. « Bonne gouvernance, primauté du droit, réforme judiciaire, lutte contre la corruption, liberté des médias : ce sont autant de  questions clés qui constitueront la base de notre évaluation », peut-on lire dans une déclaration de la délégation de l'UE.
Sali Berisha, qui, depuis les changements démocratiques intervenus en 1989, a passé plus de la moitié de son temps comme président et Premier ministre, a été réélu le 15 décembre à la tête du Parti démocratique (DP) au pouvoir.

Le premier ministre a qualifié ce jour d’historique, et a lancé un appel en direction du chef de l’opposition, Edi Rama, afin que lui aussi célèbre la réception du document et accepte de travailler main dans la main avec le gouvernement. Le parti socialiste, dans l’opposition, qui boycotte actuellement le Parlement, accuse les démocrates d’avoir fraudé pendant les élections parlementaires de juin, et réclame le recomptage des votes. Mais M. Berisha a résisté à ces appels et exhorte aujourd’hui les socialistes à mettre fin au boycott et à se conformer aux résultats des élections.

Lohan a également demandé à l’ensemble des parties prenantes en Albanie de se joindre au dialogue qu’il souhaite entamer au sein du Parlement, pour atteindre le «consensus large» nécessaire à ma mise en œuvre des réformes difficiles qui s'annoncent.
De leur côté, les autorités européennes ont averti le pays à plusieurs reprises que, si le boycott du Parlement se poursuivait trop longtemps, il aurait un impact négatif sur les chances du pays d’obtenir le statut de candidat officiel à l’entrée dans l’Union.

Le plus pauvre des pays candidats

L’Albanie demeure un pays pauvre, bien que la situation ait beaucoup évolué depuis la fin de la période communiste, époque durant laquelle l’autarcie était totale à la fois vis-à-vis de l’Occident et du reste du bloc soviétique, excepté la Chine. Le pays était alors un cas unique. Un récent sondage réalisé par Eurostat place l’Albanie tout en bas de l'échelle européenne en terme de produit intérieur brut (PIB) par habitant, exprimé en standard de pouvoir d'achat.

Pour une moyenne de 100 au sein de l'UE à 27, l'Albanie arrive en dernier avec 26% seulement. La Croatie, autre pays candidat dans les Balkans, a un niveau bien plus élevé avec 63%, c’est-à-dire un taux similaire à celui de la Hongrie, pays membre quant à lui, situé à 64%. La Turquie atteint actuellement les 46%, taux plus élevé que certains Etats pourtant membres de l’Union, comme la Bulgarie (41%).

L'Islande est le pays le plus prometteur de l’espace nordique européen. Avec 121%, elle est au-dessus de la moyenne de l’UE et au dessus de la Suède, qui a 120%. Le taux de PIB le plus élevé par habitant se situe au Luxembourg, avec 276%, suivi par l'Irlande, très loin derrière tout de même avec 135%.