Les leçons tirées de l’adhésion de Chypre à l’UE ne seront pas facilement oubliées par les dirigeants de l’Union, a déclaré le Professeur Miroljub Radojković à EurActiv.com dansun entretien. Il souligne que le combat de la Serbie pour son intégrité territoriale devrait être réglé avant que l’option de l’adhésion à l’UE ne soit sérieusement engagée.
Revue de presse
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Radojković
"La candidature d’adhésion à l’UE de la Serbie sera jugée avant toute chose sur la capacité du pays à traiter pacifiquement avec tous ses voisins, ce qui implique le maintien de relations viables et coopératives avec le Kosovo, sans tenir compte du futur statut qu’obtiendra son ancienne province", a déclaré le professeur. "Alors que les relations entre la Bosnie et la Croatie pourraient s’améliorer, le futur Etat kosovar représente toujours un problème majeur pour le leadership de la Serbie", a-t-il ajouté.
"A la suite de l’élection d’Ivo Josopovic à la tête de la Croatie, l’espoir d’un apaisement des relations entre les deux pays est en vue", a affirmé le professeur serbe, faisant en particulier allusion à une fin possible du différend juridique sur les allégations mutuelles de génocides portées devant la Cour internationale de justice par les deux pays.
D’après M. Radojković, la situation en Bosnie est plus tendue, en raison de l’inégalité croissante entre l’ethnie serbe plus riche dans la République serbe de Bosnie et les communautés bosniaques et croates plus pauvres dans le reste du pays. Le président serbe Boris Tadić a néanmoins tenté d’apaiser les tensions, en se rendant à une cérémonie officielle en République serbe de Bosnie. Il a déclaré que la Serbie reconnaissait entièrement la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine en tant qu’Etat unitaire.
Le professeur serbe a ensuite souligné que les nationalistes serbes ne soutiendraient pas l’indépendance de la République serbe de Bosnie. "Cela conduirait à reconnaître implicitement la légitimité de la souveraineté du Kosovo", a-t-il ajouté.
A cet égard, le professeur Radojković a souligné l’importance du jugement de la Cour internationale de justice, qui pourrait déclarer illégale la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. Il a également indiqué l’éventualité d’une plus forte séparation entre les minorités serbes et albanaises du Kosovo.
Commentant la situation interne en Serbie, l’universitaire a déclaré que le processus de démocratisation était en cours mais pas encore achevé. Notre division des pouvoirs n’est pas très claire. La politique est trop impliquée dans le judiciaire et les médias. Nous avons également conscience que la corruption est très présente dans tout le pays.
Toutefois, il s’est montré optimiste quant au soutien du peuple à l’intégration à l’UE et l’impact que cela pourrait avoir, surtout si l’on prend en compte le fait que les plus importants partis politiques ont tacitement conclu un accord pour soutenir l’intégration à l’UE. "Mais le test majeur de leur engagement reste à venir", a constaté le professeur.
M. Radojković a également donné une description mitigée de l’état de l’économie serbe, déclarant qu’alors que le pays était potentiellement attirant en raison de ses accords de libre échange avec le reste des Balkans et la Russie, le grave manque d’investissement et de compétitivité devait être traité.
Le professeur a également mis en avant la nécessité pour les Serbes de discuter et d’accepter des responsabilités prouvées pour les crimes de guerre. "Nous avons enterré le problème nationaliste juste après la Seconde guerre mondiale seulement pour le voir revenir plus violemment 40 ans plus tard. Le passé de la Serbie compromet son futur. Nous devons assumer notre histoire récente."





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