20,3%. C'est la part que devraient représenter les renouvelables dans la consommation d'énergie finale de l'Union européenne en 2020. L'UE ne devrait donc excéder que d'un maigre 0,3% son objectif de 20% de renouvelable, fixé dans le paquet climat-énergie adopté en décembre 2008. Et encore, cette prévision inclut les gains d'efficacité énergétique réalisés d'ici 2020 sur le continent européen, qui restent eux aussi à concrétiser. 

Cette prévision émane d'un rapport du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, publié lundi 5 juillet. Elle a été réalisée à partir des plans d'action nationaux en matière d'ENR qui devaient être remis au plus tard le 30 juin 2010 à la Commission européenne par chaque Etat membre. Une obligation imposée par la directive de 2009 sur les ENR, l'un des textes du paquet climat-énergie. L'objectif de 20% est une moyenne européenne, décliné Etat membre par Etat membre. Pour la France, cela a abouti aux fameux 23% d'ENR en 2020, dont on dit souvent trop rapidement qu'ils ont été fixés par le Grenelle de l'environnement, alors qu'en réalité, ils l'ont d'abord été au niveau européen.

Marge de manœuvre très limitée

Ces documents prévisionnels indiquent notamment l'excèdent de production d'énergie renouvelables que pourrait dégager chaque Etat membre, afin d'en transférer éventuellement aux Etats qui ne parviendraient pas à atteindre leur objectif - une telle possibilité est prévue par la directive.

Il en ressort donc qu'en 2020, l'Union européenne disposera d'une marge de manœuvre très limitée en matière d'ENR. Sur les 27 Etats membres, neuf - Bulgarie, Espagne, Grèce, Suède, Slovaquie, Allemagne, Pologne, Lituanie et Estonie - prévoient pour 2020 une production d'ENR supérieure à leur objectif. Sans grande surprise, l'Allemagne et l'Espagne devraient générer les plus grands surplus en valeur absolue, avec respectivement 1.387 et 2.700 kilotonnes équivalent pétrole (ktep). Cinq Etats membres - Belgique, Malte, Italie, Luxembourg, Danemark - devraient être déficitaires en 2020. Avec 1.170 ktep, l'Italie aura le déficit le plus important en valeur absolue. Quant aux autres Etats membres, ils prévoient d'être dans les clous de leur objectif.