Le premier ministre britannique, David Cameron, prononcera un discours historique ce mois-ci. Ce discours donnera lieu à des campagnes destinées à persuader les jeunes de choisir si la Grande-Bretagne reste ou non dans l’UE étant donné que cette question est au cœur de l’agenda politique britannique en 2013. 

Des défenseurs et des détracteurs de l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE ont indiqué à EurActiv qu'ils étaient prêts à lancer des campagnes afin de solliciter les électeurs les plus flottants du pays, à savoir ceux âgés de 18 à 44 ans. L'Europe sera en effet au coeur des politiques nationales cette année.

Des stars de la musique et des chefs d'entreprise très en vue tels que Sir Richard Branson compteront parmi les partisans célèbres.

Le discours que David Cameron prononcera à la mi-janvier célèbrera le 40e anniversaire de l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE. Le premier ministre clarifiera les projets de son Parti conservateur sur l'engagement continu de la Grande‑Bretagne envers l'Europe.

M. Cameron tentera d'apaiser les députés conservateurs eurosceptiques grâce à des promesses de rapatriement des pouvoirs de l'UE et de référendum sur l'adhésion après les élections générales de 2015, sans préciser quelle question serait posée.

Préparation des campagnes

« Nous avons créé et préparé une campagne "better off in" (mieux vaut rester). Ce nom de domaine et ce site Internet ont été enregistrés », a déclaré Peter Wilding, le directeur du Centre for British Influence Through Europe (CBIE) à EurActiv.

Le CBIE est un groupe de coordination créé cette année afin de faire campagne pour que la Grande-Bretagne reste dans l'UE.

Des sondages d'opinion indiquent qu’actuellement le pays a pu trouver un équilibre entre la question de l'adhésion à l'UE et la montée en puissance de l'euroscepticisme.

Nigel Farage, le chef du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), fera campagne pour que la Grande-Bretagne quitte l'UE. Il fait pression sur David Cameron afin qu'il promette clairement un référendum dans son discours. « La seule façon d'engager les jeunes est d'avoir une question claire et définitive », a-t-il déclaré à EurActiv.

Même si tous les grands partis mèneront probablement une campagne pour que la Grande-Bretagne reste dans l'UE, un sentiment de malaise est présent, principalement parmi les députés conservateurs, quant au soutien populaire grandissant à l'UKIP. Des sondages laissent penser que le parti est passé d’environ 10 à 14 % l'année dernière.

Une source de l'UKIP a indiqué à EurActiv que le parti se préparait déjà à lancer une campagne en utilisant les médias sociaux et en attirant la plus jeune génération « qui ne se souvient pas du dernier référendum » organisé en 1975, deux ans après l'adhésion de la Grande-Bretagne au marché commun européen.

Peter Wilding, un défenseur du maintien au sein de l’UE, a affirmé que l'analyse de l'UKIP était correcte et que les Britanniques âgés de 18 à 44 ans représentaient les électeurs flottants clés à attirer lors d'un référendum.

Les deux camps souhaitent attirer les jeunes

Une autre source fiable de l'UKIP a déclaré que le parti envisageait d'utiliser un jeune chanteur pop afin de représenter sa campagne.

Dans le même temps, des acteurs clés de la campagne en faveur de l'Europe tentent d'obtenir le soutien d'un homme d'affaires charismatique tel que Sir Richard Branson, le fondateur du groupe Virgin. Celui-ci pourrait attirer de jeunes électeurs et devenir la figure de proue de la campagne pro-européenne.

Ceux qui espèrent que M. Branson, en faveur de l'adhésion, remplisse son rôle seront satisfaits du message du Nouvel An qu'il a posté sur son blog. Il a écrit qu'une « sortie [de l'UE] serait très mauvaise pour les entreprises britanniques et l'économie [britannique] dans son ensemble ».

M. Branson a averti dans son blog qu’il serait ridicule que la Grande-Bretagne quitte l'UE parce que l'Europe sera probablement « en meilleure santé » que les États-Unis d'ici quelques années.

La question du rôle continu de la Grande-Bretagne est également débattue en Europe. Au cours des vacances de Noël, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a averti David Cameron que des demandes excessives de rapatriement de pouvoirs menaçaient de faire dérailler aussi bien l'UE que la Grande-Bretagne.

« Si David Cameron propose une liste de désengagements, de dérogations, de limites et de rabais pour la Grande-Bretagne [...], il renforcera l'argument d'une association formelle avec le Royaume-Uni », a déclaré Andrew Duff, un eurodéputé libéral démocrate à la tête de l'Union des fédéralistes européens, dans le journal The Times le 31 décembre.

Les libéraux démocrates, les partenaires dans la coalition gouvernementale du Parti conservateur de David Cameron, soutiennent généralement l'adhésion à l'UE. Le discours de M. Cameron pourrait inquiéter les partenaires de sa coalition.

L'Union des fédéralistes européens devrait publier son propre projet de nouveau traité de l'UE d'ici quelques mois. Ce projet comprendra une proposition d'« adhésion à titre de membre associé », selon Andrew Duff.

En vertu d'une telle adhésion, la Grande-Bretagne pourrait perdre son commissaire, ses eurodéputés et son siège au Conseil de l'Union européenne.

Dans le même temps, l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, a également rejoint le débat. Il a indiqué au quotidien financier allemand Handelsblatt le 29 décembre qu'il pourrait envisager une relation moins étroite entre la Grande-Bretagne et l'UE, avec un nouvel accord de libre-échange ou en tant que « partenaire privilégié ».