Bruxelles déplore une justice « sélective » visant à mettre hors course les leaders de l’opposition.

© Droits réservés
Revue de presse
Unian - Agence d'information ukrainienne
"La Cour européenne pourrait annuler ce jugement injuste"
Le tribunal de Kiev a condamné, mardi 11 octobre, l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko à sept ans de prison pour abus de pouvoir lors de la négociation d'un accord gazier avec la Russie en 2009, alors qu'elle était à la tête du gouvernement.
Cette décision, dont Bruxelles estime qu'elle est motivée par des intérêts purement politiques, jette un froid sur les relations entre l’Union européenne et l’Ukraine.
Jugement injuste
La haute représentante aux affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton, s’est dite profondément déçue par cette condamnation.
« Ceci nous confirme malheureusement que la justice s'applique de façon sélective dans des procès politiquement motivés contre les leaders de l'opposition et les membres de l'ancien gouvernement. Cela est d'autant plus décevant que le pays exerce actuellement la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe », a-t-elle déploré.
Mme Timochenko s’est dite convaincue que la Cour européenne annulerait ce « jugement injuste ». Mais qu’elle purge ou non sa peine, le verdict du tribunal de Kiev met l’ancienne première ministre sur la touche, à l’approche des élections législatives d'octobre 2012.
Selon l'agence d'information ukrainienne Unian, celle-ci a déclamé, en quittant le tribunal : «Aujourd'hui, la Constitution et la justice sont foulées au pied en Ukraine, et personne ne peut avoir confiance dans ces tribunaux. C'est un moment très difficile et important. Rassemblez-vous! Soyez forts ! Gloire à l'Ukraine ! ».
Accord d'association
La condamnation de Mme Timochenko ne devrait toutefois pas porter un coup de frein aux relations entre l’Union européenne et l’Ukraine.
Catherine Ashton a déclaré, mercredi 12 octobre, que Bruxelles devait poursuivre ses négociations commerciales avec Kiev. Devant les députés européens, elle a tout de même ajouté : "Mais nous ne pouvons signer un tel accord que si nous sommes convaincus que les autorités ukrainiennes croient aux valeurs sur lesquelles cet accord est fondé et s'engagent à les respecter".
De nombreux acteurs de la scène ukrainienne s’inquiétaient, mardi, des conséquences de la décision du tribunal sur l’avenir de l'accord d'association qui doit permettre de resserrer les liens politiques et commerciaux entre les deux pays.
Au président du Parti populaire européen, Wilfried Martens, qui demande la suspension des négociations, le chef de la mission ukrainienne auprès de l'UE, Konstantin Yelisieiev, a répondu qu'« à ce stade, accorder plus d'importance à l'affaire Timochenko qu'à ce document stratégique était une grosse erreur […] L'UE doit faire un choix et décider ce qui est le plus important pour elle ».




Réagissez