Selon le ministre des Affaires européennes, depuis le rejet du projet de Constitution en 2005, l'Europe n'est plus expliquée aux citoyens.

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Rapport sur "L’Europe que nous voulons"
Pour intéresser les citoyens à l’Europe, il faut leur montrer qu’elle est concrète. C’était le projet de la présidence française de l’Union européenne en 2008. Trois ans plus tard, le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez en a également fait son credo.
Depuis 2005 et le rejet du projet de Constitution européenne par les Français, “nous avons baissé pavillon” et arrêté d'expliquer ce que fait l’Europe, a déclaré M. Wauquiez, lors d’une conférence de presse organisée par l’association des journalistes européens, mardi 15 février. “Nous avons un devoir de pédagogie, d’explication sur l’Europe. (…) Nous devons réexpliquer cette Europe concrète.”
Pour ce faire, Laurent Wauquiez a décidé de relancer “une série de débats en France sur l’Europe que nous voulons”. “Il faut demander aux citoyens quels sont, selon eux, les traits saillants d’une Union commune, ce sur quoi ils attendent que l’Europe fasse des choses”, a-t-il ajouté.
Arrêter les débats “loin de l'opinion”
Citant en exemple la législation sur les droits des consommateurs ou encore sur les médicaments falsifiés, le ministre a déploré le manque d’informations des citoyens sur des sujets qui les concernent. “Il ne faut pas seulement que l’on soit sur les grands débats loin de l’opinion publique”, a-t-il déclaré.
Si l’Europe est peu concrète, c’est notamment parce que les médias n’en parlent pas assez, ou de façon trop éloignée des préoccupations des gens, selon le ministre. Laurent Wauquiez a d’ailleurs déploré qu’il n’y ait “quasiment plus de grandes émissions européennes”.
“Il faut que vous fassiez aussi un peu de balayage devant votre porte”, a-t-il lancé aux journalistes. Même s’il n’est pas question de “dicter leurs programmes aux médias”, le ministre a indiqué son intention “d’évoquer le sujet notamment avec le service public audiovisuel et radiophonique”.
L'UE plus visible dans les territoires
Pour montrer aux citoyens ce que l’Europe fait concrètement pour eux, Laurent Wauquiez compte enfin travailler avec la Commission européenne sur les fonds européens. Entre 2007 et 2013, la France bénéficie d'une enveloppe de 14 milliards d’euros, venant de la politique régionale européenne.
Selon les règles établies par l’UE, les projets qui reçoivent de l'argent de l’Europe ont l’obligation de le mentionner. Par exemple, une installation photovoltaïque financée par l'Union doit être accompagnée d'une pancarte figurant un drapeau européen.
Mais, selon le ministre, ce n’est pas suffisant. Et les citoyens ne se rendent pas compte de ce que l’Europe fait pour leurs territoires. “Je vais travailler avec les services de la Commission sur une plus grande visibilité donnée aux aides européennes, a-t-il indiqué. Il faut donner plus de visibilité à la présence de l’UE dans les territoires.”





Réactions
Absolument urgent! (non vérifié), le 16/02/2011
Il est vrai qu'il y a de plus en plus de mécontents et que l'on a tendance à confondre les changements économiques du à la globalisation avec ceux dus à l'euro et l'UE. Ceci est particulièrement vrai en Allemagne ou l'on a tendance à rendre l'euro responsable de tous les problèmes économiques actuels, mais aussi en France et un peu partout dans la zone euro et le reste de l'UE.
H Schneider (non vérifié), le 16/02/2011
Comparé aux propos de son inimitable prédécesseur Lellouche ("le peuple français est garant des traités européens") les propostions de L Wauquiez paraissent plus raisonnables.
Le président de la République pourrait peut être passer un CF à son ami d'enfance M Bouygues pour que même sur TF1 on puisse parler de l'Europe (le dernier "débat" n'a-t-il pas lieu en 2005?).
Enfin ce qui favorisera déjà très largement l' adhésion du peuple: faire en sorte qu'il y ait un peu plus de cohérence entre les paroles et les actes: ne plus dire "c'est la faute à Bruxelles" quand on est co-responsable d'une décision en tant que gouvernement national . Ne plus dire à Bruxelles le contraire de ce qu'on dit à Paris...
giraud jean guy (non vérifié), le 16/02/2011
"RÉEXPLIQUER L'EUROPE ... OU COMMENT RÉINVENTER LA ROUE
Le marronnier de l'insuffisante "explication" de l'Europe refleurit .
Le 8ème Secrétaire d'État aux affaires Européennes en 8 ans déplore à son tour "le manque d'information des citoyens sur l'Europe" et déclare "sa ferme intention d'évoquer le sujet avec le service public audiovisuel et radiophonique".
Le plus remarquable et le plus désolant est qu'il date de 2005 et de l'échec du referendum sur le Traité de Lisbonne "la baisse du pavillon" en matière d'information sur l'Europe .
Pour quiconque a suivi de près la "communication" des services publics d'information (et pas seulement des services audiovisuels) sur la préparation puis sur le projet lui-même de feu le Traité constitutionnel soumis au scrutin universel , il est clair que le "pavillon" - s'il fut jamais hissé - avait été baissé bien avant le referendum . L'indigence , la pusillanimité et la maladresse de l'information publique sur ce projet furent certainement une des causes - marginale mais décisive vu l'écart entre le "Oui" et le "Non" - de son échec .
Échec qui aurait d'ailleurs dû provoquer une mise en cause et une réorganisation immédiates de l'information publique sur l'Europe plutôt que la "baisse de pavillon" évoquée par le Secrétaire d'Etat .
Il faut cependant reconnaître que les services d'information des Institutions européennes n'ont pas non plus manifesté - en France comme dans les autres Etats membres - un zèle ni un talent excessifs de communication avant , pendant et après l'épisode du Traité constitutionnel .
De façon plus générale , de multiples rapports ou "livres" multicolores se sont acharnés depuis un dizaine d'années - à Paris comme à Bruxelles - à démontrer l'extraordinaire carence d'information grand public sur l'Europe , alors même que celle-ci intervient de plus en plus fréquemment et étroitement dans la vie quotidienne des gens . Parallèlement les services responsables - nationaux et européens - ont subi une détérioration croissante : "valse" des responsables , fermeture de centres d'information , ré-affectation des budgets , absence de coordination , bureaucratisation croissante , etc ...
Avec une brillante exception toutefois lors du semestre 2008 de la Présidence française - exception qui s'est hélas éteinte en même temps que l'éclairage de la tour Eiffel aux couleurs européennes en fin de semestre ! (1)
Le Secrétaire d'État soulève à nouveau la question de la responsabilité des medias dans cette affaire . Il a bien sûr raison de le faire .
S'il est illusoire de penser que TF1 ou RTL vont se lancer dans la pédagogie européenne , peut-être peut-on espérer qu'ARTE ne soit plus la seule chaîne publique à parler d'Europe fréquemment et intelligemment (au deux sens du terme) .
Ce serait faire insulte aux autres journalistes du service public audiovisuel de penser qu'ils ne sont pas capables d'"expliquer l'Europe" en termes clairs et attrayants . Quant aux dirigeants de ce service , leur zèle pourrait être encouragé par des clauses adéquates dans leurs "cahiers de charges" .
Mais il est inutile de reprendre les multiples suggestions utiles que renferment les rapports mentionnés ci-dessus qui reposent certainement sur les étagères du Secrétaire d'État . Il n'y a qu'à puiser et agir .
Une suggestion cependant : pourquoi le Gouvernement ne prendrait-il pas d'ores et déjà l'engagement de faire en sorte que le taux de participation aux prochaines élections européennes en France remonte au moins à 50% ? L'échéance peut paraître lointaine - notamment pour le Secrétaire d'État - mais , pour qui est familier de la lourdeur des appareils administratifs concernés , un délai de 3 années ne semble pas excessif .
Une autre suggestion plus concrète , plus audacieuse et plus immédiate : décider que les athlètes français porteront - aussi - les couleurs européennes aux prochains JO et inviter les 26 autres États membres à suivre cet exemple .
Et une dernière pour la route : une agréable promenade dans les rues de Rome pour constater que TOUS les bâtiments publics - même les plus modestes - arborent le drapeau européen aux côtés du drapeau italien .
Le terrible fossé qui se creuse entre l'Europe et l'opinion publique est un défi majeur pour tous les États membres et pour les Institutions européennes . Un peu de volonté politique et d'imagination communicative suffiraient à dresser quelques passerelles ...
(1) La création et la réussite incontestable du remarquable site internet "TOUTELEUROPE" - qui a remplacé le
Centre d'information de La Défense déserté de façon inexplicable par la Commission - doivent également être signalées et saluées .
JEAN-GUY GIRAUD - PRÉSIDENT - UEF FRANCE
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