Le Fonds européen de stabilité financière doit être opérationnel ce mois-ci, ont déclaré les ministres des Finances de la zone euro le 12 juillet. Ils espèrent ainsi que la Slovaquie cesse de s'opposer à la mise en oeuvre de ce fonds de quelque 440 milliards d'euros.

Bratislava a refusé de signer l'accord cadre de ce fonds, destiné à aider ponctuellement des pays de la zone euro en difficulté financière. Les partis qui ont remporté les élections locales en juin sont opposés à ce dispositif et bloquent ainsi l'ensemble du processus.

"Nous avons été très clairs sur le fait que notre attente vis-à-vis du gouvernement slovaque est qu'il signe l'accord cadre (sur le Fonds européen de stabilité financière) et reprenne à son compte les engagements pris par le précédent gouvernement slovaque", a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Le premier ministre luxembourgeois a ensuite précisé qu'il rencontrerait son homologue slovaque mardi 13 juin pour évoquer cette question.

Plus tôt dans la journée, il avait dit "penser vraiment" que la Slovaquie signerait le mécanisme avant la mi-juillet, tout en prévenant qu'une décision serait prise rapidement par le reste des pays utilisant la monnaie unique.

A l'heure actuelle, 15 membres ont paraphé l'accord créant le mécanisme décidé le 10 mai et 13 d'entre eux sont actionnaires du Fonds. L'Italie et la Belgique doivent finaliser leurs procédures nationales avant de le devenir.

"Nous avons tous invité le nouveau ministre slovaque des Finances à procéder rapidement à la dernière signature, permettant ainsi à l'accord d'entrer en vigueur (…) Avec de tels progrès, la facilité deviendra bientôt opérationnelle", a indiqué Jean-Claude Juncker.

Recapitaliser les banques

Même s'il est peu vraisemblable que le fonds de stabilité soit mobilisé pour voler au secours d'un Etat, il pourrait en revanche se révéler pratique s'il fallait recapitaliser certaines banques à l'issus de la publication des tests de résistance bancaires le 23 juillet.

Si les banques en question ne pouvaient se recapitaliser sur les marchés, les Etats pourraient leur venir en aide en se tournant vers ce fonds de stabilité s'ils avaient eux-mêmes épuisé leurs ressources.

Si le système n'est pas encore opérationnel, les pays de l'Union européenne peuvent avoir recours à une facilité de prêt de 60 milliards d'euros garantie par le budget communautaire et qui est déjà opérationnelle.

Lors de la conférence de presse, le directeur général du Fonds, l'Allemand Klaus Regling a confirmé que le mécanisme était pratiquement prêt à être utilisé.

Il a par ailleurs rejeté l'idée de procéder à une première émission, de faible importance, afin de tester les procédures du dispositif et d'obtenir une note de crédit.

"C'est un argument que j'ai entendu. Du point de vue purement des marchés financiers, cela pourrait peut être aider; mais d'un autre côté il s'agit d'une volonté politique des ministres de la zone euro de ne pas le faire avant d'avoir eu une demande de financement", a-t-il expliqué.

"Ce n'est pas une situation dans laquelle nous voulons nous placer (…) Le fait que nous soyons une nouvelle institution implique qu'il y ait des risques opérationnels", a-t-il encore dit.