L’effondrement «absurde» du pont de Gènes relance le débat sur la nationalisation

[ EPA-EFE/LUCA ZENNARO]

Les ministres italiens s’opposent sur la nationalisation des réseaux autoroutiers du pays suite au tragique effondrement du viaduc de Gènes le 14 août dernier.

Le chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, a insisté sur le fait que ramener le réseau autoroutier payant sous contrôle de l’État italien était « la seule solution » suite à l’effondrement du viaduc qui a couté la vie à 43 personnes.

« Nous allons sortir de la logique du profit, nous baisserons les péages, nous nous concentrerons davantage sur la maintenance et nous mettrons en place des innovations technologiques pour améliorer la sécurité et la mobilité », a déclaré Luigi Di Maio sur Facebook.

Une position qui va pourtant à contre-courant de son celle de son partenaire de coalition et chef de file du parti d’extrême droite, Matteo Salvini (Ligue du Nord), ministre italien de l’Intérieur, qui s’est prononcé la semaine dernière contre toute nationalisation.

« Je suis contre l’idée de nationalisations », a-t-il martelé lors d’une interview radio, soulignant que les concessions de l’État, comme celle accordée à la société gestionnaire d’autoroutes Autostrade per l’Italia, devaient être révisées.

Danilo Toninelli, ministre des Transports également issu du Mouvement 5 étoiles (M5S), a assuré à Rome le 27 août que le gouvernement allait passer en revue toutes les concessions accordées aux entreprises autoroutières et vérifier les ressources destinées à la maintenance.

Devant le parlement italien, il a ajouté que l’effondrement du pont était « absurde » et qu’« une telle tragédie, qui aurait pu et aurait dû être évitée, est inacceptable ».

Également favorable au contrôle de l’État, Danilo Toninelli a pourtant rejeté l’idée d’une prise de participation de la banque d’État Cassa Depositi e Prestiti dans Autostrade, niant avoir connaissance de ce projet.

Députés furieux

Reste à savoir si la question des autoroutes risque de mettre à mal une coalition parfois fragile entre le M5S et la Ligue du nord, mais pour l’instant le dossier migratoire semble resserrer leur lien depuis que Luigi Di Maio a pris la défense de Matteo Salvini.

Le refus de ce dernier la semaine dernière de permettre à un bateau de migrants de débarquer sur la côte italienne a déclenché une dispute avec Bruxelles, une enquête contre le ministre de l’Intérieur, et la remise en question de la coalition de la part du partenaire de gauche M5S.

Le débat sur les réfugiés s'envenime entre l'Italie et la Commission

Le commissaire européen à la migration estime que les attaques de l’Italie contre l’UE, qu’elle accuse d’absence de solidarité dans la gestion des migrants, reviennent à « se tirer une balle dans le pied ». Le Vatican, l’Albanie et l’Irlande sont quant à elles venues en aide aux réfugiés coincés dans le port de Catane.

 

 

Dans une autre publication Facebook, Luigi Di Maio a cependant déclaré qu’il y avait « une différence entre une enquête sur un responsable politique qui agit pour les intérêts de la nation et une enquête sur des parlementaires pour corruption ».

Cette prise de position a poussé le Mouvement 5 étoiles lui-même à crier à l’hypocrisie, les députés l’accusant de jouer un double jeu puisque lorsque le parti se trouvait dans l’opposition, il appelait à ce que tout responsable politique faisant l’objet d’une enquête ou accusé de corruption soit destitué de ses fonctions.

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