Accord UE/Chine : « l’environnement n’est pas propice » à une ratification

"Nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte plus large des relations entre l'UE et la Chine", a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne pour l’Economie au service des personnes.

L’environnement politique entre l’UE et la Chine n’est « pas propice » à la ratification de l’accord sur les investissements conclu fin 2020, a affirmé mardi le vice-président de la Commission européenne, Bruxelles ayant suspendu ses efforts pour le faire voter.

« Nous avons pour le moment (…) suspendu certains efforts de sensibilisation politique du côté de la Commission, car il est clair que dans la situation actuelle, avec les sanctions de l’UE contre la Chine et les contre-sanctions chinoises, y compris contre des membres du Parlement européen, l’environnement n’est pas propice à la ratification de l’accord », a déclaré Valdis Dombrovskis.

« Nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte plus large des relations entre l’UE et la Chine », a-t-il ajouté.

Juncker : l'UE doit être "moins naïve" avec la Chine

L’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker estime que l’Union européenne doit être « moins naïve » avec la Chine, affirmant que « les Européens doivent mieux organiser leurs relations » avec les autres puissances étrangères.

La Commission européenne, qui gère la politique commerciale des 27 États membres de l’UE, a conclu fin 2020 un accord surprise avec Pékin sur les investissements, après des années de blocage.

Mais l’UE a depuis imposé des sanctions contre la Chine, accusée de violations des droits humains dans la région du Xinjiang.

Pékin a répliqué en imposant des sanctions à divers parlementaires européens, des universitaires et au think-tank allemand MERICS.

Le texte doit encore être ratifié par le Parlement européen et les capitales doivent aussi se prononcer.

« Dans tous les cas, les raisons sous-jacentes de l’accord (…) sont toujours très présentes, il y a toujours une asymétrie dans les relations » avec la Chine, a souligné M. Dombrovskis. « Cet accord nous aiderait à résoudre cette asymétrie. »

La Commission européenne va d’ailleurs proposer mercredi de s’octroyer de nouveaux pouvoirs pour enquêter sur les groupes étrangers soutenus par un État et qui cherchent à s’emparer d’entreprises européennes, une législation qui vise en particulier Pékin.

Déforestation liée aux importations : l'UE deuxième responsable mondial après la Chine

Via ses importations de soja, d’huile de palme, de boeuf, mais aussi de produits du bois, de cacao et de café, l’UE a contribué indirectement, en 2017, à la disparition de 203.000 hectares de forêts tropicales, converties en terres agricoles, selon l’organisation environnementale.

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