Assistants d’eurodéputés du RN : le juriste du parti, Jean-François Jalkh, à son tour mis en examen

Au total, environ 29 élus et assistants, dont Mme Le Pen, son père et le parti lui-même, sont mis en examen, pour « détournement de fonds publics » ou des délits connexes. [IAN LANGSDON/EPA]

L’eurodéputé Jean-François Jalkh, juriste du Rassemblement national, a été mis en examen le 6 juillet pour « détournement de fonds publics » dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires du parti de Marine Le Pen, a appris l’AFP lundi de source judiciaire.

La mise en examen de l’élu, potentiellement la dernière dans cette information judiciaire selon des sources proches du dossier, était évoquée depuis plus d’un an, mais la crise sanitaire a retardé la levée de son immunité parlementaire, finalement effectuée le 23 mars.

Joint par l’AFP, l’avocat de l’eurodéputé, Me François Wagner, n’a pas souhaité réagir.

Ces poursuites ouvrent la voie à une clôture de l’enquête, avant la décision des magistrats sur un éventuel procès de l’ex-Front National et de ses dirigeants, dont sa présidente Marine Le Pen.

A l’unisson, la défense multiplie toutefois les recours, jusqu’à présent rejetés, sans cacher son objectif, selon les mots de l’un des avocats, de « repousser la tenue d’un procès éventuel à l’après-présidentielle 2022 » à laquelle se représente Mme Le Pen.

La cour d’appel doit ainsi rendre une nouvelle décision le 30 septembre sur un recours par lequel les avocats du parti demandent la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), au motif que les « mesures d’application du statut des députés européens » seraient contraires au droit de l’UE, entraînant ainsi, selon la défense, l’irrégularité des poursuites judiciaires françaises. Une argumentation rejetée par les juges d’instruction.

Au total, environ 29 élus et assistants, dont Mme Le Pen, son père et le parti lui-même, sont mis en examen, pour « détournement de fonds publics » ou des délits connexes. L’enquête, ouverte en mars 2015 par le parquet, a été confiée fin 2016 à des juges d’instruction financiers du tribunal de Paris.

Les magistrats soupçonnent le RN d’avoir « de manière concertée et délibérée » mis en place un « système de détournement » des enveloppes (21.000 euros mensuels) allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des assistants parlementaires.

Ces derniers auraient travaillé en réalité, en tout ou partie, pour le parti frontiste, lui permettant ainsi des économies substantielles sur ses salaires.

Le Parlement européen, partie civile, a réévalué en 2018 son préjudice à 6,8 millions d’euros dans cette affaire, qui a ensuite débouché sur des investigations distinctes à Paris portant sur les assistants d’eurodéputés du MoDem et du leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

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