Sortir de l’UE, la promesse du chaos selon Mark Rutte

epa07228672 Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à Bruxelles pour une réunion extraordinaire du Conseil européen le 13 décembre. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL]

Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, prévient ses concitoyens tentés par une sortie de l’UE. « Regardez les Britanniques embourbés dans le chaos » souligne-t-il.

« Regardez la Grande-Bretagne. Ce pays où la classe politique et le peuple ont oublié ce qu’ils avaient construit ensemble. Et maintenant, ils sont embourbés dans le chaos », écrit Mark Rutte dans une lettre ouverte publiée par un quotidien néerlandais.

Le Premier ministre insiste sur la fragilité de l’équilibre politique des Pays-Bas, notant la « facilité » avec laquelle il pouvait « se briser » si l’idée d’une sortie de l’UE commençait à faire son chemin dans l’esprit des Néerlandais.

Aux Pays-Bas, quelques partis, dont les populistes d’extrême droite du Parti de la Liberté de Geert Wilders, appellent à un référendum sur l’appartenance à l’UE. Mark Rutte a estimé qu’il serait « complètement irresponsable » d’organiser ce vote.

May toutes voiles dehors contre un second référendum

Theresa May rejette sèchement les appels qui se multiplient pour un second référendum sur le Brexit, perçu comme une possible solution à l’impasse politique découlant de l’hostilité envers l’accord de divorce. Un vote est prévu pour mi-janvier au parlement britannique.

Theresay May, la Première ministre britannique, s’est entretenue avec Mark Rutte, entre autres, début décembre. La cheffe d’État, abîmée par le combat au niveau national, a tenté d’obtenir quelques révisions de plus sur l’accord de retrait de la part de l’UE, sans succès.

Au cours de la réunion extraordinaire du Conseil européen le 13 décembre, Mark Rutte s’est pour sa part lamenté de l’intransigeance du gouvernement britannique.

« L’accord de sortie de l’UE est ce qu’il est parce que le Royaume-Uni a poussé dans ce sens : pas de frontière irlandaise, pas d’accès aux unions douanières, pas de libre-circulation des personne », a-t-il énuméré.

« C’est donc le seul accord possible, le meilleur tant pour les Britanniques que l’UE. À présent, le gros problème c’est le filet de sécurité irlandais, que nous devons démystifier, clarifier, et nous devons expliquer pourquoi nous sommes d’accord ou pas pour le déclencher », a-t-il conclu.

Ce point est l’un des plus controversés de cet accord de retrait. Il stipule que le Royaume-Uni et l’UE s’engagent à ne pas dresser de frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Le filet de sécurité maintiendrait la frontière entre les deux territoires ouverte, mais ce faisant, l’Irlande du Nord resterait dans l’union douanière, le marché unique et le système de TVA de l’Union européenne.

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

Les dirigeants européens ont  affiché leur soutien à Theresa May le 13 décembre, mais la Première ministre britannique a quitté Bruxelles bredouille.

 

Au Royaume-Uni, les négociations du Brexit continuent d’être minées par les luttes intestines. Lors d’un débat à la Chambre des communes le 17 décembre, Theresa May a fait face à un véritable mur de critiques de la part des parlementaires, qui se sentaient lésés par la décision de la Première ministre de tenir un vote à la mi-janvier sur son accord avec Bruxelles.

En attendant, l’opposition travailliste a demandé une motion de censure à l’égard de la Première ministre, reçue avec hostilité par le 10, Downing Street. Westminster a ensuite accusé le leader travailliste, Jeremy Corbyn, de gaspiller le peu de temps qu’il restait avant la sortie officielle de l’UE, pas plus tard que le 29 mars 2019.

Le spectre d’un Brexit sans accord plane sur le sommet européen

Les dirigeants européens se réunissent le 13 décembre pour tenter de répondre aux inquiétudes britanniques sur l’accord de retrait de l’Union. Face à l’incertitude, l’UE intensifie ses préparations à un Brexit sans accord.

Le 18 décembre, le leader du Parti national écossais, Ian Blackford, s’est vu autorisé à organiser un débat d’urgence sur l’état actuel du Brexit dans l’échiquier de la Chambre des communes.

« La Première ministre s’agite comme une poule sans tête, fait l’aumône dans toute l’Europe, se raccrochant à n’importe quoi pour apaiser les Brexiters d’extrême droite qui traînent dans ses propres rangs », a-t-il asséné.

« L’Europe ne cédera pas, et le ‘deal’ de la Première ministre est mort », a achevé Ian Blackford.

L'Ecosse ne veut pas subir le chantage de May sur le Brexit

Theresa May dispose de deux semaines pour rallier les députés sceptiques à l’accord sur le Brexit. Le Parti national écossais ne se laissera pas convaincre.

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