Remaniement en Bulgarie après un accident meurtrier lié à la corruption

[Handout photo/EPA/EFE]

Un accident d’autobus apparemment causé par un bitume inadapté a mis en lumière la fraude et la corruption dans la construction de routes en Bulgarie. Le Premier ministre Boyko Borissov a congédé trois ministres le 31 août.

Lors d’une réunion du cabinet convoquée à la hâte, Boyko Borissov a limogé le ministre de l’Intérieur Valentin Radev, le ministre des Transports Ivaylo Moskovski et Nikolay Nankov, en charge du développement régional.

Les trois ministres ont été sanctionnés suite à l’accident de la route du 25 août près de la ville de Svoge, à 40 km au nord de Sofia, dans lequel 17 personnes ont trouvé la mort. Plusieurs autres ont été hospitalisées avec des blessures graves.

L’autobus, transportant des retraités qui avaient participé à un festival folklorique, a dévié de sa trajectoire alors qu’il roulait sur un tronçon de route récemment réparé. Il a fini sa course dans un ravin.

De nombreux citoyens avaient signalé que l’asphalte utilisé sur cette section de route la rendait extrêmement glissante et dangereuse. Mais la seule mesure prise par les autorités a été de mettre un panneau de signalisation pour réduire la vitesse à 40 km/h.

Les autorités ont d’abord tenté d’imputer l’accident au chauffeur de bus, qui a survécu à l’accident. Il a été arrêté alors qu’il était à l’hôpital, et traité comme un dangereux criminel. Mais il semble que le chauffeur ne soit pas responsable.

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Entre-temps, des échantillons d’asphalte ont été prélevés pour analyse. Les résultats officiels n’ont pas été annoncés, mais les experts ont fait remarquer que l’asphalte utilisé n’était pas adéquat pour les routes, car il aurait été conçu pour des allées de parc.

L’accident d’autobus a provoqué un tollé public, de nombreux Bulgares blâmant le gouvernement pour la corruption massive dans la construction de routes, dont la conséquence évidente est que de nombreuses nouvelles autoroutes nécessitent des réparations urgentes. Certains soulignent également le manque de surveillance des entreprises de construction routière.

Le chef de file du parti socialiste bulgare, principale force d’opposition, a blâmé Boyko Borissov pour la tragédie de Svoge.

« Quand la mafia construit, les bus tombent et les ponts s’effondrent », a quant à lui écrit le chroniqueur Svetoslav Terziev dans le quotidien Sega, faisant référence au récent effondrement du viaduc de Gênes.

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« Les âmes des 17 personnes décédées appellent la société à se réveiller et à se rendre compte que l’État ne les sert pas, mais qu’il sert des entreprises favorisées, remportant régulièrement les appels d’offres pour la construction de routes », écrit Svetoslav Terziev, qui explique que la situation est similaire avec l’argent de l’UE provenant des fonds structurels, Bruxelles fermant les yeux.

« Les eurocrates devraient contrôler la qualité, mais comme une source l’a dit, ils ne s’intéressent qu’aux rapports papier, pas à l’asphalte », rapporte-il.

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