Bruxelles s’attaque aux « mythes budgétaires de l’UE »

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Cet article fait partie de l'édition spéciale Budget UE 2014-2020.

Quelques jours seulement avant que ne soient dévoilées les propositions très attendues sur le budget de l’UE jusqu’en 2020, la Commission européenne a fourni des éclaircissements sur la manière dont l’Europe est financée ; le but serait, semble-t-il, de battre en brèche les stéréotypes véhiculés par la presse britannique eurosceptique, qui qualifie ce financement de trop élevé et d'énigmatique.

Ce document, intitulé « Le budget expliqué », réfute six « mythes » : que l'UE « coûte trop cher », que le financement de l'Union est décidé de manière « non démocratique », qu'il fait l'objet de nombreuses fraudes, que la majorité des dépenses est allouée à son appareil bureaucratique, qu'il est « constamment en hausse » et qu'il est « démesuré ».

Les porte-paroles de l'UE ont utilisé Twiter ce week-end pour attirer l'attention sur ce document, qui ferait partie d'une nouvelle stratégie de communication visant à battre en brèche une perception particulièrement erronée des actions de l'UE.

« Pour en savoir plus sur le budget de l'UE – son fonctionnement et ses dépenses – nous nous fions généralement à des articles parus dans les médias ou sur des sites web indépendants. Si la plupart de ces articles sont informatifs et fondés sur des faits, certains reposent parfois sur des faits déformés, des approximations ou de véritables mensonges. Ces récits, souvent repris par d'autres, se répandent, compromettant la qualité du débat public sur les finances de l'UE », explique la Commission.

Pour chaque « mythe », la Commission cite différents médias, ou Wikipedia, qui véhiculent ce qu'elle considère comme des informations erronées. Plusieurs sources sont mentionnées, dont le Times, le Telegraph, le Mail Online et le Daily Express.

En réponse aux affirmations de la presse eurosceptique selon lesquelles l'UE coûterait « trop cher », la Commission affirme :

« Tout simplement faux. La comparaison avec la journée d'affranchissement de l'impôt est parlante. Lorsqu'on calcule combien de jours de travail sur l'année sont nécessaires pour payer les impôts annuels, la charge fiscale nationale fait que la population travaille jusqu'au printemps, voire jusqu'en été, pour payer ses contributions. Par contre, pour couvrir ses contributions au budget de l'UE, l'Européen moyen ne devra travailler que quatre jours, jusqu'au 4 janvier ».

Une partie du document réfute une récente étude menée par Open Europe, un groupe de réflexion eurosceptique, qui révèle « 100 exemples de fraudes et de gaspillage dans l'UE ». Cette étude a attiré l'attention de nombreux médias et a été souvent citée en Europe et au-delà.

« Open Europe prétend illustrer à quel point le budgetde l'UE est improductif, mais sa liste n'est rien d'autre qu'une série de caricatures, qui reposent pour la plupart sur des coupures de presse non vérifiées, rassemblées sur plusieurs années », écrit la Commission.

Les efforts déployés par l'exécutif européen semblent trahir une certaine nervosité concernant les batailles budgétaires qui s'annoncent. Selon une information communiquée à EURACTIV, José Manuel Barroso, le président de la Commission, a demandé à tous les commissaires de fournir des exemples de valeurs ajoutées de l'argent dépensé par l'UE supérieures à celles d’investissements similaires au niveau national.

Certains commissaires n'auraient pas apprécié cette initiative de M. Barroso, ont déclaré des sources à EURACTIV.

Georgi Gotev – traduit de l'anglais par Amandine Gillet

L'ampleur, la structure et les priorités des dépenses annuelles de l'UE, qui s'élevaient à environ 130 milliards d'euros en 2010, sont gérées par les « perspectives financières » qui couvrent la période 2007-2013 (voir le LinksDossier d'EURACTIV).

Les négociations sur le prochain budget pluriannuel devraient débuter dès que la Commission aura publié sa proposition de budget, le 29 juin. La période couverte devrait être 2014-2020.

La question la plus controversée est la part actuelle de 44 % (55 milliards d'euros) du budget destinée aux subventions agricoles.

Le 19 octobre, la Commission européenne a énuméré des options pour alimenter le futur budget de l'UE, proposant que l'Europe réduise la part des dépenses issue directement de la contribution des Etats membres.

Pour compenser ce déficit, elle propose d'introduire un impôt européen qui pourrait prendre plusieurs formes : une taxe sur le transport aérien, une partie des nouveaux impôts financiers, des sociétés ou sur l'énergie, ou encore une TVA européenne.  

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a suggéré de présenter en juin 2011 des propositions concrètes sur les « ressources propres » dans le budget à long terme de l'UE. Plus récemment, il a suggéré l'introduction d'une taxe sur les transactions financières située entre 0,01 et 0,05 % de la valeur des transactions.

Le Parlement européen a récemment voté pour une augmentation minimum de 5 % du budget de l'UE, afin que l'Union puisse respecter les objectifs qu'elle s'est fixés, comme la mise en place de services diplomatiques communs et la relance de l'économie.

  • 29 juin : la Commission européenne présentera ses propositions pour le budget de l'UE à long terme.

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