Élections. Un vent de changement souffle sur la Bulgarie

D’après les résultats préliminaires officiels, la coalition de Boyko Borissov (GERB-SDS) arrive en tête du scrutin des législatives bulgares avec seulement 23,78 % des votes, par rapport à 33 % en 2017. [Dnevnik]

À la suite des élections en Bulgarie ce dimanche (4 avril), trois nouveaux partis issus en grande partie des manifestations anticorruption de l’été dernier sont entrés au Parlement. Le GERB de Boyko Borissov reste en tête, mais ses chances de former un gouvernement et de rester au pouvoir sont minces.

D’après les résultats préliminaires officiels, la coalition de Boyko Borissov (GERB-SDS) arrive en tête du scrutin des législatives bulgares avec seulement 23,78 % des votes, par rapport à 33 % en 2017.

En deuxième position figure «  Il y a un tel peuple  » (ITP), le nouveau parti populiste de l’animateur de télévision Slavi Trifonov, avec 19,03 %. Le Parti socialiste bulgare (BSP) a fini à la troisième place avec 14,85 %, un résultat décevant pour le parti ayant récemment déclaré qu’il gagnerait les élections.

Aux marches du podium, le parti centre droit de l’opposition «  Bulgarie démocratique » a remporté 11,05 % des voix. Celui-ci est talonné par le «  Mouvement des droits et des libertés  » (DPS) et le «  Stand-up, Mafia out  », avec 8,92 % et 5,2 % respectivement.

D’après les résultats préliminaires, le parti nationaliste VMRO du vice-premier ministre Krassimir Karakachanov, qui participait au gouvernement sortant, n’a pas réussi à dépasser la barre des 4 %.

La population bulgare appelle l’UE à cesser de financer les mamamouchis au pouvoir

« Arrêtez de financer notre mafia ». Tel était le slogan visible sur les pancartes des protestataires rassemblés devant la représentation de la Commission européenne à Sofia. Les manifestants réclament la démission de leur Premier ministre et du procureur général.

Selon les analystes, ces élections sont une gifle pour le gouvernement sortant, en particulier le GERB et le BSP. En effet, deux partis nationalistes ne siégeront plus au Parlement : le VMRO et le NFSB.

À l’inverse, l’ITP de Slavi Trifonov a créé la surprise et devrait obtenir un mandat pour former un gouvernement. Selon la Constitution bulgare, c’est au parti victorieux des élections de tenter de former un gouvernement en premier, mais il paraît très peu probable que le GERB parvienne à obtenir une majorité au pouvoir.

«  Il y a un tel peuple  » a annoncé qu’il formerait une coalition avec les deux autres forces créées à la suite des manifestations : le parti «  Bulgarie démocratique » du politique proeuropéen Hristo Ivanov et le parti «  Stand-up, Mafia out  » de l’ancienne Ombudsman nationale Maya Manolova.

Cependant, il semblerait que ces partis ne comptent pas assez de membres pour former une majorité au sein du Parlement à 240 sièges.

Parmi les trois, le parti de Mme Manovola est le seul à envisager la possibilité d’une coalition avec le BSP.

De son côté, M. Trifonov a annoncé qu’il présentait les symptômes du SARS-Cov-2 et qu’il se confinerait.

Son parti, assimilé par certains au Mouvement 5 étoiles (Italie, M5S) de Beppe Grillo, était absent des débats et transmettait ses messages sur sa propre chaîne télévisée. L’ITP entend changer la représentation proportionnelle du système électoral en une représentation majoritaire, et avoir davantage recours aux référendums.

Boyko Borissov a, quant à lui, appelé à la formation d’un gouvernement unifié, alors que le BSP a refusé tout commentaire avant l’annonce officielle des résultats.

«  Une nouvelle Bulgarie se profile à l’horizon  », a indiqué Hristo Ivanov, ajoutant qu’il espérait des partis ayant refusé de former une coalition avec le GERB qu’ils tiennent leur promesse.

En outre, les ressortissants bulgares à l’étranger se sont également prononcés en faveur de l’ITP et de la Bulgarie démocratique, tandis que seuls 8 % d’entre eux ont voté pour Boyko Borrisov.

Corruption : le Parlement européen prévoit une mission pour étudier l'État de droit en Bulgarie

Les députés européens prévoient une mission sur l’Etat de droit en Bulgarie. Le Groupe de surveillance de la démocratie, de l’État de droit et des droits fondamentaux (DRFMG) du Parlement européen votera aujourd’hui (9 février) sur l’organisation d’une mission sur le terrain en Bulgarie.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer