Les eurodéputés appellent à l’action contre l’esclavage moderne

Dimitris Avromopoulos assure que la Commission n'hésitera pas à sévir. [European Parliament/Flickr]

Entre l’exploitation sexuelles de femmes d’Europe de l’Est et les conditions de travail inhumaines dans la culture de champignons aux Pays-Bas ou de fraises en Grèce, l’esclavage moderne demeure une réalité dans l’UE.

Malgré des progrès, le problème de la traite d’êtres humains perdure, au grand dam de la Commission européenne qui vient d’identifier une série de priorités ciblées pour aider les États à mieux réagir.

« Il faut rendre les poursuites plus efficaces, améliorer le statut des victimes, mieux coordonner les actions dans l’UE et avec des pays tiers, ainsi que s’attaquer au modèle des réseaux, notamment en décourageant la demande », assure un fonctionnaire européen.

Une « honte » pour l’Europe

Lors de la séance plénière à Strasbourg, la semaine dernière, les eurodéputés ont soumis un certain nombre de questions à la Commission sur la croissance des trafics au sein de l’UE.

« La traite d’êtres humains et l’exploitation sont une honte pour l’Europe […] L’UE ne peut se montrer fière d’une croissance [économique] associée à l’esclavage moderne », a déclaré l’eurodéputée Syriza Kostadinka Kuneva.

La grande majorité des victimes de ce phénomène sont des femmes, à 76 %, pour la plupart des citoyennes européennes, principalement roumaines, bulgares, néerlandaises, hongroises et polonaises.

Les élus européens soulignent que si 67 % des victimes de ce type de trafic sont abusées sexuellement, l’esclavage connaît une croissance inquiétante dans plusieurs pays européens, où il touche en particulier le secteur agricole.

« La Commission vérifie-t-elle que les directives [anti-traite] sont appliquées, ou s’intéresse-t-elle uniquement aux règles financières ? », s’impatiente Kostadinka Kuneva. « Les conditions de travail sont inhumaines dans les serres italiennes et les champs de champignons néerlandais. Les travailleurs sont exploités dans les cultures d’asperges en République tchèque et de fraises en Grèce. »

Le travail forcé existe aussi dans l'UE

Deux tiers des 109,5 milliards d’euros générés par le travail forcé proviennent de l’exploitation sexuelle, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT).

La Commission sur le pont

Répondant aux questions des eurodéputés, le commissaire à la migration, Dimitris Avramopoulos, a assuré que si les règles européennes n’étaient pas respectées, la Commission n’hésiterait pas à lancer des procédures d’infraction.

« Nous continuerons à suivre de très près la situation au niveau national et communiquerons avec les autorités nationales pour nous assurer que les mesures prises sont à la hauteur des objectifs ambitieux que nous avons adopté et nous n’hésiterons pas à mettre en place des procédures d’infraction », a-t-il déclaré. « Cette législation n’est pas seulement obligatoire, elle est nécessaire pour avancer sur le sujet de la traite d’êtres humains au niveau national. »

Il y a un an, l’exécutif a procédé à une évaluation détaillée des mesures prises par les États membres afin de déterminer si les structures nécessaires pour enquêter et poursuivre les délits liés à ce trafic, ainsi que pour aider et protéger les victimes étaient en place, a rappelé le commissaire.

« Les États membres ont fait des efforts importants, mais il y a des améliorations à faire dans certains domaines, par exemple en ce qui concerne les mesures spécifiques de protection des enfants ou d’indemnisation », a-t-il noté.

Grèce et Roumanie veulent des bons d'achat pour lutter contre la pauvreté

Un groupe d’États membres demande à la Commission européenne d’autoriser la distribution de bons d’achat au plus pauvres. Une manière d’aider moins chère et plus digne que les distributions de nourriture et de vêtements, estiment-ils.

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