Delors et Rocard s’adressent à la société civile au forum Chine-Europe [FR]

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Quelque 900 responsables d’ONG chinoises et européennes et universitaires se sont réunis à Bruxelles la semaine dernière pour partager leurs expériences sur la coopération de la société civile entre l’UE et la Chine.

Le forum, qui a eu lieu à Bruxelles le 6 octobre, a rassemblé un public important, conformément à la taille des deux continents impliqués. 

Coorganisé par la Fondation Charles Leopold Mayer, Vrije Universiteit Brussel, China’s People’s University et Sun Yat Sen University, il a réuni des douzaines d’ONG, de think tanks et d’autorités locales.

La plénière a synthétisé les résultats des 27 ateliers organisés à travers l’Europe sur des thèmes socioéconomiques aussi divers que la science, les technologies, la gouvernance et le financement des services publics. Elle a également dressé le bilan d’une série de 19 discussions organisées entre les catégories socioprofessionnelles, allant de l’armée aux artistes en passant par les entrepreneurs.

Jacques Delors a inauguré la plénière en rappelant certaines valeurs. Certaines sont partagées, dit-il, comme la devise de l’UE « Unie dans la diversité », comparable à celle proposée par le Premier ministre chinois en 2003 : l’Union dans la non uniformité. D’autres valeurs sont différentes, comme l’équilibre entre l’individu, plus fort en Occident, et la société, mise en valeur en Chine. 

Michel Rocard, eurodéputé et ancien Premier ministre français, a remarqué que les débats avaient été plus ouverts cette année que lors de la première édition du forum, qui avait eu lieu en Chine. Il a appelé à davantage de confiance et à une nouvelle gouvernance mondiale, qui tire les leçons de l’histoire. Il a déclaré que la Chine avait été violente récemment et que l’Europe a été pire par le passé.

En écho aux propos de M. Rocard, Guan Chengyuan, ambassadeur de la République populaire de Chine auprès de l’UE, a décrit les relations sino-européennes comme un partenariat stratégique, les deux parties privilégiant un ordre international plus équilibré, y compris à l’ONU. 

Hors micro, une Chinoise a confié à EURACTIV son opinion de realpolitik, expliquant que l’influence moindre de l’UE, comparée aux Etats-Unis, était due à l’absence d’une politique claire fondée sur la défense de ses intérêts et une série de valeurs communes. Le commerce et le dialogue culturel ne suffisent pas. Pour elle, par exemple, l’UE n’a pas de présence militaire en Extrême-Orient. 

L’un des participants à un atelier sur la société civile estime en revanche que les écoliers chinois apprennent toujours beaucoup de la culture européenne et adorent également les marques célèbres. 

Lorsqu’on lui demande pourquoi la question de l’environnement, un bien collectif, n’est pas réellement prise en compte en Chine, un participant chinois répond qu’ils n’en sont pas suffisamment conscients. C’est l’Etat, plutôt que la société, qui prend les décisions. Mais la situation s’améliore, car le pays est plus exposé aux questions internationales. 

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