Lancement de la super année électorale en Allemagne, la CDU renvoyée au vestiaire

Le dernier sondage réalisé pour le radiodiffuseur ZDF prévoit que l’AfD obtiendra 23 % des voix en Saxe-Anhalt lors du scrutin de dimanche, qui a lieu un peu plus de trois mois avant les élections nationales de septembre. [EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL]

La super année électorale ne pouvait plus mal commencer pour l’Union (CDU/CSU) : le parti au pouvoir a essuyé des défaites historiques à la suite de deux élections régionales. Le chef conservateur Armin Laschet est désormais sous pression. Un article d’Euractiv Allemagne.

La CDU, au pouvoir depuis 16 ans en Allemagne, a essuyé deux défaites inédites lors des élections régionales en Rhénanie-Palatinat et dans le Bade-Wurtemberg dimanche (14 mars). Alors que les élections fédérales se profilent à l’horizon, la période s’annonce intense pour le nouveau chef de parti conservateur Armin Laschet.

Conformément aux attentes, les députés sortants des deux Länder ont bien défendu leur position.

Winfried Kretschmann (Verts) a remporté les élections du Bade-Wurtemberg avec 30,7 % (contre 30,3 % en 2016) ; un pourcentage qui lui assure le poste de ministre-président (Ministerpräsident). Il en va de même pour Malu Dreyer (SPD) en Rhénanie-Palatinat, qui a remporté 34,7 % du suffrage (contre 36,2 % en 2016).

Tous deux sont parvenus à creuser un écart considérable avec la CDU : dans le Bade-Wurtemberg, le parti n’a convaincu que 23 % des électeurs (contre 27 % en 2016). En Rhénanie-Palatinat, il n’en a séduit que 26 % (contre 31,8 % en 2016).

Toutefois, le taux de participation aux deux élections a été fortement influencé par un nombre record de bulletins de vote par correspondance, ce qui risque de retarder considérablement les résultats définitifs.

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Bonnes et mauvaises nouvelles

« Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour la CDU », a fait savoir le secrétaire général de l’Union Paul Ziemak quelques minutes après l’annonce des résultats, mettant en exergue « la victoire personnelle » des ministres-présidents sortants et non l’échec de la CDU pour expliquer la défaite de son parti.

« En temps de crise, nous avons pu observer que les électeurs faisaient confiance dans les autorités au pouvoir », a-t-il expliqué aux journalistes.

Wolfgang Schäuble, membre de la CDU et président du Bundestag, déplore également les résultats de son parti. Cependant, il reste persuadé que la défaite ne signifie rien pour les élections fédérales qui auront lieu à l’automne.

Cependant, les choses ne sont pas si simples. Si les experts s’accordent sur l’importance des victoires de M. Kretschmann et de Mme Dreyer face à la défaite de la CDU, la gestion de la pandémie y a aussi largement contribué.

De leur côté, les Verts espèrent poursuivre cette tendance tout au long de l’année électorale.

« Nous débutons cette super année électorale sous les meilleurs auspices », s’est réjoui Robert Habeck, coprésident des Verts allemands.

Crise de la CDU à l’échelle fédérale

En 2020, l’Union profitait encore de la pandémie, tout souriait à l’exécutif. En revanche, depuis, l’insatisfaction est grande au sein de la population. La lenteur du processus vaccinal a notamment suscité de nombreuses critiques, comme en témoignent des sondages d’opinion réalisés en décembre.

À ce mécontentement général est venue s’ajouter l’affaire des masques : trois hommes politiques allemands ont quitté leurs partis respectifs (CDU et CSU), dans le cadre d’un scandale politique concernant des accords commerciaux liés à l’achat de masques bucco-nasaux. Deux d’entre eux ont également démissionné de leurs fonctions. Reste à voir si le troisième, Georg Nüßlein, leur emboîtera le pas.

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Quelle coalition pour les deux Länder ?

La défaite de la CDU a un goût particulièrement amer pour le nouveau chef du parti Armin Laschet, en pole position dans la course à la chancellerie allemande depuis février.

La douche froide dans le Bade-Wurtemberg, où la CDU est partenaire junior de coalition avec les Verts depuis cinq ans, pourrait profiter au rival bavarois de M. Laschet, Markus Söder.

Le candidat de la CDU à la chancellerie devrait être désigné d’ici au 23 mai.

Toutefois, la tâche qui incombe au nouveau président conservateur, visant à renouer et réorienter le parti, sera de plus en plus ardue. Entre les défaites électorales de ce week-end, la gestion de la crise et le scandale de corruption, Armin Laschet aura du pain sur la planche.

De plus, dans les deux Länder, la coalition en feu tricolore entre les Verts, le FDP (libéraux) et le SPD (sociaux-démocrates) est désormais envisageable. L’épée de Damoclès vacille au-dessus des conservateurs.

D’après le secrétaire général du SPD Lars Klingbeil, le message principal qu’il faut retenir de ces élections est le suivant : il serait tout à fait possible de gouverner sans la CDU/CSU.

Que révéleront les sondages réalisés dans le cadre des élections fédérales à l’automne ? Affaire à suivre.

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