Droits LGBT: Viktor Orban tancé au sommet de l’UE

« La loi ne concerne pas les homosexuels (mais) la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants », s’est défendu Viktor Orban dès son arrivée, accusant ses homologues européens de ne pas l’avoir lue. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est fait vertement rappeler à l’ordre jeudi (24 juin) au sommet de l’UE à propos de la loi jugée homophobe adoptée à Budapest, son homologue néerlandais allant jusqu’à lui suggérer une sortie de l’UE.

La législation controversée, qui a occupé les dirigeants en début de soirée, a conduit 17 pays membres, dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne et l’Italie, à interpeller dans une lettre les chefs de l’UE Charles Michel et Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres (invité au sommet) sur la nécessité de faire respecter les valeurs européennes.

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a reproché au dirigeant souverainiste d’avoir franchi une « ligne rouge ». « Être homosexuel n’est pas un choix. Être homophobe l’est », a renchéri le Belge Alexander De Croo, selon une source européenne.

La loi prévoit que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ».

Selon la source européenne, le Suédois Stefan Löfven a averti que ses citoyens n’avaient pas envie « d’envoyer de l’argent à un pays » agissant de la sorte, alors que les fonds de l’UE représentent une manne importante pour la Hongrie (4,48% du produit national brut en 2019).

« Hypocrites »

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a carrément affirmé que la Hongrie, avec sa loi, n’avait « plus rien à faire dans l’Union européenne ».

Lors de la discussion, il a lancé à Viktor Orban que si les valeurs de l’UE ne lui convenaient pas, il n’avait qu’à activer l’article 50 du traité « qui a été créé pour cela » et quitter l’Union -comme l’ont fait les Britanniques-, selon la même source.

Cette loi « ne me paraît pas conforme à nos valeurs », avait plus tôt jugé le président français Emmanuel Macron, espérant pouvoir convaincre le dirigeant hongrois d’un « changement de ce texte ».

« La loi ne concerne pas les homosexuels (mais) la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants », s’est défendu Viktor Orban dès son arrivée, accusant ses homologues européens de ne pas l’avoir lue.

« La Hongrie ne veut pas quitter l’UE. Au contraire, nous voulons la sauver des hypocrites », a tweeté la ministre hongroise de la Justice, Judit Varga.

Le texte controversé a valu à Budapest une lettre de remontrances de la Commission, qui lui a donné jusqu’au 30 juin pour répondre.

L’exécutif européen a le pouvoir d’entamer des procédures pour violation du droit européen pouvant mener à une saisine de la Cour de justice de l’UE et à des sanctions.

Le gouvernement tchèque refuse de se joindre à l'appel sur les droits des LGBTQ

Le gouvernement tchèque a refusé de se joindre à un appel avec quatorze autres pays de l’UE qui affirme que « la stigmatisation des personnes LGBTIQ constitue une violation claire de leur droit fondamental à la dignité » et condamne la loi récemment adoptée par la Hongrie.

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