Emmanuel Macron veut investir plus de 7 milliards d’euros dans l’innovation en santé

À l’occasion de la réunion du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) Emmanuel Macron a présenté son plan innovation santé 2030. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN]

Alors que la France a échoué à mener à bien ses essais cliniques sur les vaccins anti-Covid-19, le président souhaite redresser la barre et réinvestir dans la recherche en santé.

À l’occasion de la réunion du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), instance de dialogue avec les industriels du secteur, le président Macron a présenté mardi (29 juin) son plan innovation santé 2030. 7 milliards d’euros vont être investis dans différents secteurs de la recherche médicale, dont 2 milliards pour la biothérapie, la santé numérique et les maladies infectieuses émergentes.

800 millions d’euros seront dédiés aux biothérapies et à la bioproduction de thérapies innovantes. Ces technologies permettent de développer la médecine dite personnalisée en apportant des solutions thérapeutiques en oncologie, immunologie, virologie et pour les maladies rares par exemple. Ces biomédicaments représentent actuellement 50 % des essais cliniques en cours.

« Pendant la crise, on a eu de nombreux essais qui ont été lancés, avec finalement des essais qui n’ont pas toujours réussi à rassembler les patients ou qui n’ont pas été suffisamment structurants », reconnait-on à l’Élysée. 

« Un décalage dans les grands domaines, que ce soit par exemple les biothérapies, où nous dépendons à 90 % des importations. Seules 5 biothérapies sur les 70 dernières ont été inventées en France », poursuit-on. « On ne peut pas avoir un discours crédible en disant : on reconstruit la souveraineté, qu’elle soit française ou européenne, en ayant un tel niveau de dépendance, qui est là aussi le fruit de sous-investissements ou désinvestissement ou d’erreurs passées », renchérit le Président.

Le Plan « France Relance » et le Programme d’investissements d’avenir seront complétés par une stratégie d’accélération « Santé Numérique », à hauteur de 650 millions d’euros. Le but est de « favoriser l’émergence de solutions innovantes, appuyées sur des approches scientifiques pluridisciplinaires et des modèles médico-économiques ambitieux, pour conquérir le marché de la santé numérique en pleine croissance au niveau mondial.» Pour cette dépense, l’État espère un effet levier de 1,5 milliard de financements privés.

Pandémie de Covid-19 oblige, le plan consacrera près de 750 millions d’euros au domaine des maladies infectieuses émergentes et menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique). Cette stratégie adoptera une approche intégrée « One Health» (« une seule santé » en français), reflétant la prise de conscience des liens étroits entre la santé humaine, celle des animaux et l’état écologique global. Elle adoptera donc une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires. 

L’Europe, une échelle pertinente pour la recherche médicale

Autre volet : la création d’une agence innovation en santé. À l’image de l’agence d’innovation en défense, l’Élysée souhaite créer une entité qui soit autonome et crédible, avec des moyens et une capacité d’action, et qui fera le lien entre les différents acteurs du secteur.

« L’idée est d’avoir un guichet unique […] qui va permettre, là aussi, de simplifier les choses, de faire converger les agendas et les logiques, d’avoir une vraie révolution culturelle, du décloisonnement et de l’excellence, et de permettre aussi d’être l’interlocuteur de la future agence européenne qui est en train de se bâtir », a expliqué le Président de la République. Les contours de ce nouvel organe ne sont pour autant pas encore définis.

Cette mesure s’accompagne également d’un soutien de 1,5 milliards d’euros à l’industrialisation des produits de santé sur le territoire français et de 2 milliards à Bpifrance, la Banque Publique d’Investissement, dans le domaine de la santé sur 5 ans. L’Élysée souhaite également « faire revenir les chercheurs les plus prometteurs » grâce au Conseil européen de la recherche (European Research Council), pour attirer les meilleurs chercheurs et faire rester en France ceux qui souhaiteraient partir à l’étranger, soit de faire revenir ceux qui sont partis à l’étranger. 

Le Président de la République portera également cette stratégie au niveau européen, lorsque la présidence tournante du Conseil européen reviendra à la France, en 2022. « Tout ça, je souhaite le faire aussi dans le cadre d’une stratégie de partenariat avec l’Allemagne. On a lancé plusieurs projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) avec la chancelière Merkel ces derniers mois sur plusieurs des sujets que j’ai évoqués et dans le cadre d’une stratégie européenne. C’est d’ailleurs ce qui nous a conduit à lancer plusieurs grands investissements industriels », a rappelé le président. « C’est l’échelle pertinente ».

Mardi (22 juin), le Parlement et le Conseil européens sont parvenus à un accord provisoire sur l’évaluation des technologies de la santé (ETS) qui doit permettre aux États membres de prendre « plus rapidement des décisions fondées sur des preuves concernant l’accès des patients » à leurs systèmes de santé.

L’accord provisoire est censé renforcer la coopération en matière d’ETS entre les 27 États membres, améliorer la disponibilité des technologies de santé innovantes telles que les médicaments innovants et certains dispositifs médicaux pour les patients de l’UE, assurer une utilisation efficace des ressources et renforcer la qualité de l’ETS dans l’UE.

Accord sur de nouvelles règles en matière d’innovation dans la santé

Le Parlement européen et le Conseil sont parvenus, mardi (22 juin), à un accord provisoire sur l’évaluation des technologies de la santé (ETS).

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