Juncker rabroue Weber après ses critiques sur Tsipras

Manfred Weber et Jean-Claude Juncker. [European People's Party/Flickr]

Alexis Tsipras « appartient au passé », a déclaré Manfred Weber, aussitôt contredit par Jean-Claude Juncker, qui a réaffirmé sa « confiance » dans le Premier ministre grec.

Quelques jours après un accord très attendu sur le programme de renflouement grec, Manfred Weber, eurodéputé allemand du CSU et président du Parti populaire européen (PPE), s’est attaqué au gouvernement grec, de gauche, et en particulier à son Premier ministre, Alexis Tsipras.

Le 20 juin, Manfred Weber a rencontré à Athènes Kyriakos Mitsotakis, qui dirige le principal parti d’opposition grec, Nouvelle Démocratie, affilié au PPE.

« Nous avons besoin d’un gouvernement fiable qui fasse du bon travail pour la Grèce », aurait déclaré le chef de file du PPE à la presse grecque. « Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, c’est pourquoi j’estime que M. Tsipras appartient au passé et que M. Mitsotakis est le futur. »

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Les créanciers de la zone euro se sont entendus sur un prêt de 8,5 milliards d’euros à la Grèce, qui permettra au pays d’honorer des échéances cruciales cet été, et lui ont fourni des pistes en vue d’un possible allègement de sa dette en 2018.

L’eurodéputé allemand a souligné le rôle important joué par Nouvelle Démocratie et ses dirigeants au sein de sa famille politique européenne. « Ils coopèrent beaucoup avec nous au niveau européen, sous la houlette de Jean-Claude Juncker », a-t-il assuré, ajoutant que le parti de droite contribuait au progrès politique en Europe.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, issu du PPE, n’a manifestement pas apprécié que son nom soit évoqué dans une critique aussi acerbe du Premier ministre grec. « J’ai une totale confiance en Alexis Tsipras, c’est très clair », s’est-il empressé d’assurer à notre partenaire Euro2Day.gr.

« La Grèce va beaucoup mieux que ce que nous pensions. Je reconnais les efforts considérables consentis par le gouvernement grec […] En ce qui concerne ma relation personnelle avec Alexis Tsipras, elle est caractérisée par le confort, l’estime et la confiance », a-t-il insisté.

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«Le seul problème de la Grèce, c’est son Premier ministre communiste» assure Manfred Weber, chef de file du PPE. Un commentaire qui fait du bruit.

Fédération européenne

Le président grec, Prokopis Pavlopoulos,  a pour sa part jugé que l’UE courrait à l’effondrement si elle ne se décidait pas à franchir le pas de la fédération. « L’effritement de la zone euro, puis de l’Union européenne sera automatique, à moins qu’une vraie unification soit mise en place : une gouvernance fédérale sous les conditions institutionnelles de la démocratie représentative », a-t-il déclaré.

La survie de la zone euro et de l’UE dépend non seulement des avancées économiques et monétaires, mais aussi, et surtout, « de la force des institutions de la construction européenne », a-t-il assuré.

Il a critiqué l’« obscurité institutionnelle » de l’Eurogroupe, soulignant que cet avis était partagé par Pierre Moscovici, commissaire aux affaires économiques et financières.

Le président appartient à Nouvelle Démocratie, mais a joui du soutien d’Alexis Tsipras lors de sa nomination. Selon certains observateurs, ce soutien était une tentative de déstabiliser le parti. Kyriakos Mitsotakis est le seul membre de son parti à s’être opposé à la candidature présidentielle de Prokopis Pavlopoulos lors du vote parlementaire.