La France et l’Allemagne présentent des plans de relance très verts

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire (à gauche) et le ministre allemand des Finances Olaf Scholz (à droite) donnent une conférence de presse après un conseil de réunion des affaires économiques et financières (ECOFIN) au Conseil européen à Bruxelles, en Belgique, le 12 mars 2019. [EPA/STEPHANIE LECOCQ]

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, et le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, ont tenu aujourd’hui (27 avril) une conférence de presse commune pour dévoiler leur plan national de relance et de résilience alors que la Commission européenne a fixé une date limite d’envoi – indicative – au 30 avril.

« Il était important pour nous de faire cette présentation ensemble, car l’Allemagne et la France travaillent main dans la main depuis le début de la crise » a précisé M. Le Maire dès l’ouverture de son discours, alternant anglais, français et allemand. Il a indiqué vouloir retrouver l’activité économique de 2019 d’ici à 2022.

« Mon premier voyage officiel était à Paris. Déjà, lors de ces premiers échanges, il était clair que Bruno Le Maire serait un partenaire », s’est remémoré M. Scholz.

« Nous ne sommes pas en train d’introduire des réformes au profit de la Commission européenne. Nous faisons des réformes pour le bien des citoyens français et de la nation. La crise ne doit pas nous détourner de nos efforts pour répondre aux défis de l’économie française », a tenu à préciser M. Le Maire, en référence à la réforme du système de retraite qui « n’est pas un prérequis de l’UE » mais que le ministre juge « indispensable ».

Même son de cloche du côté de son homologue allemand : « L’Allemagne réussira si l’Europe réussit aussi. » 

La France compte investir 100 milliards d’euros pour parvenir à ce redressement économique, au travers de « France Relance », une stratégie qui reposera sur trois axes : « l’écologie, la compétitivité et la cohésion sociale et territoriale ». « 30 milliards d’euros ont déjà été déboursés en 2021″, a souligné le ministre.

« Ce plan de relance marque le passage de l’Union européenne à l’âge adulte », a déclaré M. Le Maire, ajoutant que « l’Union européenne doit arrêter de compter sur les autres et doit compter sur ses propres forces ».

Des plans de relance verts

50% du budget français alloué au redressement économique devrait être dirigé vers la transition écologique avec « l’objectif de réduire d’ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990″, a précisé M. Le Maire. Cela passera notamment pas un des « grands succès » de France Relance : le dispositif d’aide à la rénovation énergétique des logements intitulé « MaPrimeRenov' », dont près de 230 000 demandes ont été déposées.

La loi climat et résilience, qui doit être votée le 4 mai prochain, s’inscrit également dans ce cadre, a rappelé le ministre.

Loi Climat : bilan de la deuxième semaine de débats

Au chapitre « Se déplacer », la principale avancée est sans doute la suppression de certaines lignes aériennes intérieures pour les trajets accessibles en moins de 2h30 en train.

L’Allemagne, quant à elle, a annoncé que 40 % du budget alloué à la relance – soit 11 milliards d’euros – seront destinés au climat. « Le changement climatique est le plus grand défi de notre époque », a rappelé M. Scholz.

Transition numérique et ambition sociale

25% de l’enveloppe française sera par ailleurs dédiée à la transition numérique avec la « digitalisation des PME industrielles » a indiqué le ministre de l’Économie, précisant que l’avenir de l’Europe doit « reposer sur une indépendance technologique, clé de la souveraineté politique ».

Bruno Le Maire a aussi déclaré la volonté du gouvernement français de se concentrer sur « la relocalisation industrielle qui est un immense succès et qui paraissait hors de portée » ainsi que sur la jeunesse. « Parce que nous sommes pleinement conscients que les jeunes portent le fardeau de la crise, nous avons une dette envers eux. Et nous la payons », a-t-il dit.

Côté allemand, 1,5 milliards d’euros seront consacrés à une « initiative éducative majeure » sur le numérique, a annoncé pour sa part M. Scholz.

La « coopération franco-allemande est au cœur de nos plans de relance et de résilience respectifs dans plusieurs domaines clés tels que l’hydrogène, le cloud, l’électronique et les télécommunications, ainsi que l’intelligence artificielle et les batteries », a souligné M. Le Maire.

NextGenerationEU

Sur les 100 milliards du plan de relance français, 40 doivent parvenir du fonds de relance de l’Union européenne. L’Allemagne attend, quant à elle, 25,6 milliards d’euros de la Commission.

Le 21 juillet dernier, les chefs d’État et de gouvernement européens se sont accordés autour de cet outil inédit basé sur une dette commune et intitulée NextGenerationEU.

« Depuis, nous avons perdu trop de temps. La Chine a repris sa croissance. Les États-Unis sont en plein essor. L’UE doit rester dans la course », a insisté M. Le Maire.

Une enveloppe de 672,5 milliards d’euros a ainsi été débloquée et sera versée sous forme de prêts et de subventions destinés à soutenir les réformes et les investissements entrepris par les pays de l’UE.

Pour percevoir ces crédits, la Commission européenne a néanmoins précisé plusieurs critères : 37 % des dépenses devront notamment être consacrés aux objectifs environnementaux européens – soit l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 – et 20 % à la digitalisation de l’économie.

M. Le Maire a indiqué que la France devrait percevoir les cinq premiers milliards du fonds européen « avant la fin de l’été », et non plus au début comme annoncé initialement.

Il a également annoncé que lui et son homologue allemand présenteront ces plans de relance formellement à la Commission demain (28 avril), avec l’Espagne et l’Italie.

Les pays de l'UE font pression pour que Bruxelles approuve rapidement les plans de relance nationaux

Les gouvernements de l’UE souhaitent que la Commission accélère l’évaluation des plans nationaux qui déterminent la manière dont les aides du fonds de relance européen seront utilisées. A deux semaines de l’échéance, aucun pays n’a encore envoyé sa copie à Bruxelles.

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