La France recevra 39,4 milliards d’euros de Bruxelles pour son plan de relance

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche), remet le plan de relance approuvé au président français Emmanuel Macron (à droite) lors d'une déclaration au palais de l'Élysée à Paris, France, le 23 juin 2021. [IAN LANGSDON/EPA]

La Commission européenne a annoncé aujourd’hui (23 juin) son approbation du plan national de relance et de résilience français (PNRR), alors que sa présidente Ursula von der Leyen rencontrait Emmanuel Macron. 39,4 milliards d’euros seront accordés à la France, un peu en deçà des 40,9 prévus initialement dans le plan présenté en avril dernier.

La France devrait recevoir 39,4 milliards d’euros au titre de la facilité pour la reprise et la résilience, un des instruments du programme NextGenerationEU dont bénéficieront tous les États membres. Cet argent abondera le plan de relance français de 100 milliards d’euros sous la forme de subventions.

« Je suis fière de vous transmettre notre plein soutien. Faisons ensemble de NextGenerationEU un succès pour la France, les Français et l’Europe », a déclaré Mme von der Leyen, en visite à Paris pour l’occasion, à Emmanuel Macron, en lui tendant formellement le plan approuvé par la Commission.

« Je voulais vraiment vous remercier, remercier le travail de l’ensemble de vos services, de tous les Commissaires à vos côtés pour avoir fait de cette année une année d’avances substantielles de l’Europe concrète au service de nos citoyens », a pour sa part déclaré M. Macron à la présidente de la Commission européenne (CE).

Un « préfinancement » devrait être versé « avant la pause estivale » indique-t-on du côté de Bruxelles. Dans les faits, l’approbation par la Commission n’est qu’une étape intermédiaire avant que le Conseil de l’UE ne valide la décision sous 4 semaines — ce qui rendrait, en théorie, le versement de ce « préfinancement » possible fin juillet.

« C’est le gouvernement français qui décidera du devenir de cet argent », a précisé un officiel de la CE, tandis que le premier véritable décaissement – 7,4 milliards d’euros – est attendu pour janvier 2022. C’est seulement « à ce moment-là [que] la France devra prouver à la Commission que les premières étapes auront bien été franchies », a-t-il expliqué.

« Les mesures qu’il contient joueront un rôle crucial pour assurer les transitions verte et numérique tout en rendant l’économie française plus compétitive et résiliente », s’est réjouie Mme von der Leyen. « Le plan est de grande qualité » et la « coopération a été excellente », renchérit-on à la CE.

Dans le détail, le PNRR français respecte bien les conditions émises par la Commission : une part minimale des investissements consacrés à l’environnement de 37 % et à la transformation numérique de 20 %.

Côté environnement, 46 % de l’enveloppement viendra soutenir les objectifs climatiques avec notamment des investissements dans la rénovation énergétique (5,8 milliards d’euros), la modernisation du rail français (4,4 milliards d’euros) et le développement de l’hydrogène décarboné (1,9 milliard d’euros).

Le numérique, quant à lui, représentera 21 % des investissements au titre de la facilité avec 385 millions d’euros consacrés à la transformation numérique des entreprises, 131 millions d’euros pour améliorer les équipements informatiques dans les écoles et dans le secondaire, 500 millions d’euros pour la numérisation de l’administration publique ou encore 240 millions d’euros dédiés au développement du réseau, notamment dans les zones plus rurales.

La Commission européenne s’est également réjouie de « l’accent mis sur la prochaine génération », avec les aides à l’embauche pour les jeunes et les incitations à l’apprentissage, et du « soutien au secteur culturel » — à hauteur de 702 millions d’euros dans le plan.

Dans une analyse, elle évalue également que l’impact de NextGenerationUE dans le produit intérieur brut français devrait représenter jusqu’à 1 % en 2023 et 2024 avant de redescendre progressivement à 0,4 % en 2030.

La France sera le troisième plus grand bénéficiaire de l’instrument de relance, après l’Italie, dont le plan de relance a été validée hier (22 juin) par la CE et qui devrait percevoir 191,5 milliards d’euros d’ici à 2026, et l’Espagne.

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