La question des « gilets jaunes » s’invite au Parlement européen

Le Parlement européen a pris une légère teinte de jaune pour discuter de la solidarité nécessaire à la transition écologique.

Les eurodéputés se sont penchés sur la question de la justice sociale dans la transition écologique. Un débat prévu dans la foulée du mouvement des gilets jaunes en France.

« La transition écologique ne peut être que solidaire », a tonné Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts. « Il faut que chacun assume ses responsabilités à la hauteur de ses capacités. »

Le Parlement européen tenait un débat mercredi 12 décembre sur la notion de justice dans l’adaptation nécessaire au changement climatique. Et les mots ont été forts, pour interpeller l’Europe sur l’urgence sociale qui émerge dans le sillage de la transition écologique.

« Enrichir les riches ne profite pas à tous, défendre les grandes entreprises nationales n’est pas défendre l’intérêt général », a continué l’élu belge, dans une tirade clairement orientée contre la politique d’Emmanuel Macron, le Président français. Il l’avait déjà interpellé sur la même thématique lors de sa visite au Parlement européen en avril. Une vidéo devenue virale qui a notamment été reprise par le mouvement des gilets jaunes.

À Roppenheim, les gilets jaunes rêvent d'une révolte européenne

Les manifestants se disent soutenus par les travailleurs qui, chaque jour, franchissent le pont au-dessus du Rhin pour se rendre au travail. Et rêvent d’un front commun de la contestation au-delà de la frontière. Un article de notre partenaire, La Tribune.

« Aujourd’hui, je reçois de nombreux messages de la part des gilets jaunes français, qui m’interpellent sur ce sujet de la transition juste  », explique Philippe Lamberts en marge des débats.

Dialogue social primordial

Lors du débat en plénière, le constat était largement partagé par les autres groupes politiques. Le volet social de la transition écologique doit davantage être mis en avant par les exécutifs européens et nationaux et les gouvernements, ONG et syndicats doivent « travailler la main dans la main », pour Kathleen Van Brempt, vice-présidente du S&D.

À la base partie d’une protestation contre la hausse des prix de l’essence, le mouvement des « gilets jaunes » s’est vite transformé en un vaste ras-le-bol fiscal doublé d’une forte défiance envers la classe politique et les corps intermédiaires.

Les gilets jaunes pris au piège des réseaux sociaux

Alors qu’ils entrent dans leur quatrième semaine de contestation, les gilets jaunes continuent de s’activer sur Facebook. Si le réseau social a permis au mouvement de croître, il peine à faire émerger une structure.

Pour la présidence autrichienne du Conseil, le message est passé. « Nous devons apporter des corrections très importantes aux stratégies de transition écologique, d’un point de vue économique et social », a concédé Juliane Bogner-Strauss, la ministre des femmes et de la famille autrichienne.

Réunions du Conseil de l’UE

Dans moins d’une semaine, les 19 et 20 décembre, les ministres de l’Énergie et de l’Écologie de tous les États membres se réuniront pour étudier ces stratégies, à la lumière de la protestation française.

Au début de la COP 24, qui se tient jusqu’à la fin de la semaine en Pologne, l’UE a adopté la « déclaration de Silésie », qui pose les notions de transition juste et solidaire. Une protection sociale nécessaire pour la Commission : « La transition écologique ne doit pas être considérée comme une punition par les plus pauvres. L’équité sociale doit être prise en compte dès la conception des propositions politiques. »

À la COP24, la crise des gilets jaunes fragilise la position française

En pleine crise des gilets jaunes, les critiques des chefs d’État comme Trump, Salvini ou Erdogan alimentent la défiance contre l’action climatique, notamment celle de la France.

Une recommandation qui n’est pas innocente alors que le Président français a admis lundi soir, dans son discours télévisé, que certaines mesures prises par son gouvernement « n’étaient pas justes ».

Un gilet jaune dans l’hémicycle

Pour rectifier le tir, il a annoncé une hausse du Smic français de 100 euros au premier janvier 2019. Mais la complexité de cette mesure dans le contexte budgétaire actuel met le gouvernement en face d’un casse-tête.

Rien n’indique pour l’instant que cela suffira à calmer les ardeurs des « gilets jaunes », qui ont prévu une nouvelle journée de mobilisation le 15 décembre.

L’eurodéputé italien de la Lega (extrême-droite) n’a en tout cas pas hésité à brandir un gilet jaune en plein hémicycle, mercredi matin. Aux cris de « ouvrez les yeux ! », il entendait dénoncer la politique migratoire de l’UE.

Sa sortie a été assez vertement reçue par le président Antonio Tajani, au lendemain de l’attentat à Strasbourg, qui a fait trois morts.

Le Parlement européen confiné pendant la fusillade de Strasbourg

Trois personnes ont été tuées et quatorze blessées par un homme armé qui a ouvert le feu près du marché de Noel dans le centre de Strasbourg le soir du 11 décembre.

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