L’affaire Damien Abad parasite les premiers jours du gouvernement Borne

Damien Abad conteste les faits allégués avec force et a confirmé qu’il restera au gouvernement : « un homme innocent doit-il démissionner ? Je ne le crois pas ». M. Abad explique notamment que son handicap lui empêche de commettre des actes de contrainte sur une autre personne, ce qui rendrait le viol matériellement impossible dans sa situation. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le gouvernement d’Elisabeth Borne affronte sa première tourmente après la révélation d’accusations de viol à l’encontre du nouveau ministre Damien Abad, qui conteste ces allégations et est présumé innocent.

Alors que Damien Abad a été nommé ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées vendredi (20 mai), le site d’investigation Mediapart a révélé les accusations de deux femmes à son encontre dès le lendemain, samedi (21 mai).

Damien Abad conteste les faits allégués avec force et a confirmé qu’il restera au gouvernement : « un homme innocent doit-il démissionner ? Je ne le crois pas ». M. Abad explique notamment que son handicap lui empêche de commettre des actes de contrainte sur une autre personne, ce qui rendrait le viol matériellement impossible dans sa situation.

Le site relate aussi que des signalements ont été transmis par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles – une association féministe proche de l’union de la gauche – au parti Les Républicains, l’ancien parti de M. Abad, et au parti d’Emmanuel Macron La République en Marche, par e-mail entre le 16 et le 20 mai.

L’Élysée et le cabinet de la Première ministre affirment que les deux chefs de l’exécutif n’étaient pas au courant de ces signalements avant la nomination de Damien Abad.

Depuis ces révélations, l’affaire perturbe les tout premiers instants de vie du nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne. Les oppositions demandent la démission du ministre soupçonné de ces faits, comme l’a par exemple exprimé Sandrine Rousseau (Europe Ecologie Les Verts) lundi matin (23 mai).

Selon elle, la Première ministre « doit prendre ses responsabilités » et demander à M. Abad de quitter le gouvernement « par principe de précaution », car la « parole [des femmes] compte ».

Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, qui est également dans la coalition de gauche (NUPES), abonde en ce sens et se désole que cela concerne « un gouvernement qui prétend avoir fait de la lutte contre les violences faites aux femmes la cause principale de son quinquennat ».

Marine Le Pen a également réagi en estimant que « le simple fait d’avoir de manière récurrente un comportement inapproprié avec les femmes devrait vous écarter d’un poste, en l’occurrence de ministre ».

À l’issue du Conseil des ministres de lundi (23 mai), la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a longuement été interpellée par les journalistes sur les conséquences de ces révélations.

Elle a alors rappelé que « la ligne du président de la République et les propos de la première ministre ont été très clairs : tolérance zéro pour les délinquants sexuels ». Avant d’ajouter que seraient assurés « respect, écoute totale pour toutes les victimes présumées ».

En indiquant que les deux plaintes déposées par la même personne contre Damien Abad en 2012 et 2017 ont été classées sans suite par la justice, la porte-parole du gouvernement a tenu à souligner que « s’il existait d’autres victimes, il faudrait qu’elles puissent se manifester sans réserve devant la justice ».

Étant donné qu’aucune procédure n’est en cours, le retrait ou la démission du ministre ne sont pas à l’ordre du jour, mais « dans cette affaire comme dans toutes les autres [la Première ministre Elisabeth Borne] suivra les décisions de justice qui pourront être rendues » a précisé Mme Grégoire.

En déplacement dans le Calvados dimanche (22 mai), la Première ministre avait déjà averti que « sur tous ces sujets de harcèlement, d’agressions sexuelles, il ne peut y avoir aucune impunité » et qu’en cas de « nouveaux éléments » et de décision de la justice « on tirera toutes les conséquences ».

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