Le bras droit de Viktor Orban démissionne après son arrestation lors d’une orgie à Bruxelles

Jozsef Szajer (à droite), à côté de l'eurodéputé Manfred Weber lors d'une session du Parlement européen à Strasbourg, le 17 avril 2018. [EPA-EFE/PATRICK SEEGER]

L’eurodéputé hongrois József Szájer, membre du Fidesz et proche de Viktor Orban, a démissionné en raison de son implication dans un scandale sexuel qui défraye la chronique européenne. Selon le président hongrois, son retrait constitue la « seule décision appropriée ». Un article d’Euractiv Italie.

József Szájer, le chef de la délégation du Fidesz, le parti de Viktor Orbán qui est rattaché au Parti populaire européen (PPE) au sein du Parlement européen, a été surpris alors qu’il essayait de filer à l’anglaise lors de ce qui a été décrit comme une orgie gay de 25 hommes vendredi 27 novembre à Bruxelles. La partie fine a été interrompue par l’intervention de la police car elle contrevenait aux restrictions de rassemblements imposées pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19.

Après la diffusion de la nouvelle, immédiatement nimbée d’un parfum de scandale, l’eurodéputé a démissionné : « Je présente mes excuses à ma famille, à mes collègues, à mes électeurs. Je leur demande de considérer que mon faux pas a pour toile de fond trente années de travail dévoué et acharné. Ce faux pas est strictement personnel, j’en suis l’unique responsable. Je demande à tout le monde de ne pas l’étendre à ma patrie, ni à ma communauté politique », a-t-il ajouté.

József Szájer est (ou était) un homme de confiance du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Il a été l’un des membres fondateurs du Fidesz et a effectué quatre mandats en tant que parlementaire hongrois. Il a ensuite été élu au Parlement européen où il siège depuis 2004, il y a occupé les fonctions de chef de groupe et de vice-président du Parti populaire européen.

L’une de ses batailles politiques les plus célèbres concerne la défense de la famille traditionnelle : il a œuvré à l’inscription dans la nouvelle Constitution hongroise d’un passage spécifique stipulant que « la Hongrie protège l’institution du mariage entre hommes et femmes » et surtout à ce qu’il soit fait référence à « la famille comme fondement de la survie de la nation ».

Il n’est guère surprenant que József Szájer, ardent défenseur des positions homophobes et traditionalistes affichées par le Fidesz, ait non seulement décidé de démissionner de son poste de député européen, mais aussi d’abandonner toute charge politique et la vie publique en général.

À la suite de la démission de son bras droit, Viktor Orbán a décrit sa décision de quitter le parti et d’abandonner son mandat de député européen comme la « seule décision appropriée ».

Dans la Hongrie de Viktor Orbán, il est interdit d’effectuer des recherches universitaires sur le changement de sexe ou de débattre des unions alternatives au mariage hétérosexuel traditionnel. Il est interdit d’inscrire sur les documents d’identité le nouveau genre de toute personne ayant changé de sexe et les membres de la communauté LGBT* subissent de fortes discriminations.

C’est la Pologne qui sert de modèle aux politiques du gouvernement hongrois : un gouvernement traditionaliste catholique et ultra-conservateur qui a fait la promotion des zones « sans LGBT » et qui, au cours des dernières semaines, a voulu rendre l’avortement illégal même en cas de graves malformations fœtales.

La ligne traditionaliste adoptée par les deux pays de l’Est, qui a pour expression directe la rhétorique de la peur de l’idéologie du genre et de l’invasion des migrants, qui, entre autres choses, saperaient les valeurs chrétiennes de la société européenne, s’oppose ouvertement à la politique des institutions européennes.

La Commission européenne a récemment présenté sa première stratégie pour l’égalité LGBTIQ pour les cinq prochaines années, s’engageant à être « à la pointe des efforts pour mieux protéger » les droits de la communauté, dans le but de lutter contre la discrimination, assurer la sécurité, construire des sociétés inclusives et être un leader mondial dans la lutte pour les droits des minorités. Certains députés européens avaient également manifesté leur soutien à la communauté LGBT polonaise*, constamment attaquée, par une action symbolique de solidarité devant le Parlement européen.

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