Le Conseil de l’Europe invite Madrid à renoncer aux extraditions visant les leaders catalans

Lundi le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a annoncé que Carlos Puigdemont et les cinq autres responsables catalans exilés ne sont pas concernés par la grâce accordée aux neuf indépendantistes condamnés à la prison pour la tentative de sécession de 2017. [Toni Albir/EPA]

Le Conseil de l’Europe a invité lundi l’Espagne à renoncer « aux procédures d’extradition » visant les « responsables politiques catalans » exilés à l’étranger, ce que refuse Madrid qui vient d’annoncer la grâce des neuf indépendantistes condamnés pour la tentative de sécession de 2017.

Dans une résolution adoptée par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), l’organisation paneuropéenne appelle le gouvernement espagnol à « envisager de gracier, ou de libérer de toute autre manière », les politiques catalans condamnés pour leur participation « dans l’organisation du référendum anticonstitutionnel » de 2017 « et des manifestations pacifiques de grande envergure qui l’ont accompagné ».

Le texte appelle surtout Madrid à « envisager de mettre un terme aux procédures d’extradition » à l’encontre des six « responsables politiques catalans vivant à l’étranger » et « recherchés pour les mêmes motifs », à l’image de l’ex-président régional catalan, Carles Puigdemont : exilé en Belgique depuis la tentative de sécession de 2017 pour échapper aux poursuites de la justice en Espagne, il risque 25 ans de prison pour rébellion.

M. Puigdemont et les cinq autres responsables catalans exilés ne sont pas concernés par la grâce accordée aux neuf indépendantistes condamnés à la prison pour la tentative de sécession de 2017, mesure annoncée lundi par le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez dont le gouvernement souhaite toujours que les exilés soient extradés pour être jugés en Espagne.

Le texte adopté par l’APCE invite encore Madrid « à entamer un dialogue ouvert et constructif avec l’ensemble des forces politiques de Catalogne, y compris celles qui s’opposent à l’indépendance, afin de renforcer la qualité de la démocratie espagnole, et de trouver un compromis qui permette à l’Espagne (…) de régler les différends politiques (…) sans recours au droit pénal, mais dans le plein respect de l’ordre constitutionnel » espagnol.

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Dans un communiqué, l’exécutif indépendantiste de la région de Catalogne a salué cette résolution, y voyant une « victoire politique ». « Le gouvernement catalan demande au gouvernement central de se conformer aux exigences du Conseil de l’Europe et de mettre fin à la répression, de libérer les prisonniers et de permettre le retour des exilés », indique le communiqué.

Le ministère des Affaires étrangères espagnol a lui jugé « incohérentes les recommandations invitant l’exécutif à interrompre les procédures judiciaires et les extraditions en cours, qui vont à l’encontre du respect du principe de la séparation des pouvoirs ».

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