Le contrat maltais de Sandro Gozi crée une nouvelle polémique

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Après l’affaire Sylvie Goulard, c’est au tour du conseiller Europe du Premier ministre Sandro Gozi d’être au cœur d’un nouveau scandale éthique mettant en cause une collaboration avec le gouvernement maltais.

Après l’échec de la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire européenne pour des motifs éthiques, le conseiller Europe de Matignon, l’italien Sandro Gozi, a été épinglé pour une collaboration avec… le gouvernement maltais.

Selon des informations publiées le 21 octobre par  le quotidien maltais Time of Malta et reprises par Le Monde, l’ancien secrétaire d’État aux affaires européennes de Matteo Renzi aurait conclu un contrat de consultant avec le chef du gouvernement de Malte, Joseph Muscat, en juin 2018. Une information confirmée par le porte-parole de Joseph Muscat.

Mais le 30 juillet 2019, l’homme politique italien francophone et francophile rejoint le cabinet d’Edouard Philippe en qualité de « chargé de mission aux affaires européennes », a expliqué le Premier ministre lors d’une session de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 22 octobre.

Un poste relais

Le poste en cabinet ministériel de Sandro Gozi s’imbriquait dans le calendrier de la candidature de l’Italien aux élections européennes de mai 2019. Placé en 22e position sur la liste La République en marche (LRM), Sandro Gozi a été élu, mais demeure « réserviste » jusqu’à la sortie officielle du Royaume-Uni de l’UE, qui libèrera 5 sièges parlementaires pour la France.

Dans les colonnes du Monde, l’ancien secrétaire d’État s’est défendu en estimant qu’il remplissait deux missions différentes, avant d’affirmer dans un second temps que son contrat avec le gouvernement maltais avait été suspendu après son élection au Parlement européen fin mai. Une position qu’il a maintenue ensuite auprès de Matignon.

Le double-emploi supposé de Sandro Gozi a provoqué des remous chez les élus français, qui ont pointé le conflit d’intérêts, et rappelé les divers torts imputés au gouvernement dirigé par Joseph Muscat, soupçonné notamment de freiner l’enquête sur l’assassinat de la  journaliste Daphne Caruana Galizia.

L’Europe choquée après l’assassinat d’une journaliste à Malte

L’assassinat de Daphne Caruana Galizia, la journaliste d’investigation maltaise notamment à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin, provoque une vague d’indignation en Europe.

« Éthique et transparence ne sont pas des valeurs partagées par tous » a soutenu Pierre-Henri Dumont, député Les Républicains qui a interpellé le Premier ministre Édouard Philippe lors d’une séance de question au gouvernement le 22 octobre. « Le conseiller Europe au sein de votre cabinet Sandro Gozi, payé par le contribuable français, travaillait en même temps depuis juillet 2018 pour le Premier ministre maltais », a-t-il soutenu, demandant des explications au chef du gouvernement.

« Votre question est légitime », a reconnu le Premier ministre. « Je vous confirme que j’ai demandé le 30 juillet dernier à Sandro Gozi de rejoindre mon cabinet en tant que chargé de mission aux affaires européennes » a précisé Edouard Philippe.

« Nous avons invité M. Gozi à fournir les explications les plus complètes et les plus précises » a expliqué le Premier ministre, qui a confirmé que son chargé de mission travaillait bel et bien exclusivement pour le gouvernement français à partir du moment de son embauche.

L’homme politique italien a été invité par Matignon a produire le plus rapidement possible les preuves de la fin de cette collaboration.

Reste que cette nouvelle affaire de conflit d’intérêt entame un peu plus la crédibilité du président Emmanuel Macron et de sa famille politique LREM, entamé par l’affaire de Sylvie Goulard.

Rejet de Sylvie Goulard : la presse pointe un échec cinglant pour Macron

Les éditorialistes commentent largement ce vendredi le rejet de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne, survenu jeudi. Pour eux, il s’agit d’un échec cinglant pour Emmanuel Macron, dû à un défaut d’éthique et une part d’arrogance. Un article de notre partenaire Ouest-France.

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