Le Danemark prévoit une présidence sous le signe de l’austérité

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Le Danemark n'a prévu que 35 millions d'euros pour sa présidence du Conseil de l'UE, une somme très modeste en comparaison aux dépenses des autres pays ayant exercé cette fonction. Le Danemark promet toutefois une présidence efficace et compétente, a déclaré à la presse hier (9 janvier) à Copenhague (9 janvier) le ministre danois des affaires étrangères, Nicolai Wammer.

M. Wammen a déclaré devant la presse à Bruxelles que lors de son mandat de six mois à la tête du Conseil de l'UE, le Danemark n'offrirait « pas autant de cadeaux aux dignitaires que d'habitude ».

Les transports publics seront utilisés « plus que jamais » et au lieu de se voir servir de l'eau en bouteille, les participants aux réunions officielles auront droit à « de l'eau du robinet danoise », a-t-il expliqué.

Cette somme de 35 millions d'euros contraste grandement avec celles dépensées par d'autres pays lors de leur propre mandat. En 2008, la France a dépensé 171 millions d'euros pour ses six mois de présidence. Il s'agirait de la somme la plus élevée jamais dépensée. En comparaison, la présidence polonaise sortante a dépensé 115 millions d'euros alors que son prédécesseur, la Hongrie, avait dépensé entre 70 et 75 millions d'euros.

Certains pays sont connus pour les cadeaux qu'ils offrent aux hauts diplomates lors de leur présidence des institutions internationales. Lorsqu'elle a présidé le G8, la France a notamment offert des stylo-plumes Dupont à tous les chefs d'État. Ces stylos, vendus dans certaines boutiques, coûtent plus de 1000 euros pièce. Les épouses des chefs d'État ont quant à elles reçu des sacs Hermes.

M. Wammen a toutefois tenté de dissiper l'impression que le Danemark se montrait critique à l'égard des autres pays sur leur façon de gérer la présidence du Conseil de l'UE. « La présidence danoise sera-t-elle moins coûteuse que celle des autres pays ? Oui. Cela signifie-t-il que nous faisons la leçon aux autres pays sur leur manière de procéder ? Non », a affirmé M. Wammen.

À la question d'EURACTIV de savoir quel était le cadeau le plus coûteux prévu par la présidence danoise pour les chefs d'Etats et de gouvernement, M. Wammen a précisé qu'il s'agissait d'un réveil d'une valeur de 90 euros.

Un secret bien gardé

Lors du dîner qui a suivi avec la première ministre, Helle Thorning-Schmidt, de l'eau du robinet a été servie et la présidence danoise a offert des cravates et des écharpes aux journalistes présents.

Mme Thorning-Schmidt a accueilli ses hôtes avec élégance et humour. Elle a déclaré qu'elle savait déjà quelle question les journalistes lui poseraient, et qu'elle n'y répondrait pas.

La presse danoise a largement rapporté que lors du sommet européen du 9 décembre, le président français, Nicolas Sarkozy, avait fustigé la première ministre pour avoir osé parler d'un accord à 27 visant à enrayer la crise de la dette, alors que la Grande-Bretagne s'y était déjà opposée. M. Sarkozy aurait affirmé qu'il ne voulait pas entendre parler d'elle, dans la mesure où le Danemark ne fait pas partie de la zone euro et où Mme Thorning-Schmidt, élue depuis septembre, est « nouvelle ».

« Nous sommes heureux que l'Allemagne et de la France assument un rôle de leader, mais nous insistons sur le fait qu'il s'agit d'une Union à 27 », a déclaré M. Wammen. Il a ajouté que le président du Conseil, Herman Van Rompuy, était du même avis et que le sommet extraordinaire du 30 janvier consacré la croissance et à l'emploi serait bel et bien une réunion des Vingt-sept.

Mme Thorning-Schmidt est une sociale-démocrate affiliée au Parti des Socialistes européens (PSE), alors que M. Sarkozy est confronté à une campagne de réélection difficile contre son adversaire socialiste, François Hollande.

La France et l'Allemagne « comptent autant que les autres »

« Il est très important que la France et l'Allemagne prennent des initiatives, tout comme les autres pays […] Toutes les bonnes idées doivent être prises en compte, mais nous devons également garder à l'esprit que 27 Etats membres sont impliqués.

À propos des remarques qu'aurait formulé M. Sarkozy à l'intention de Mme Thorning-Schidt, M. Wammen a déclaré qu'il n'était pas présent lors du sommet, mais que si le dirigeant français avait effectivement fait cette remarque, il était certain que la première ministre lui avait répondu « avec fermeté ».

Avec la crise de la zone euro, la présidence danoise du Conseil de l'UE coïncide avec l'un des moments les plus difficiles de l'histoire de l'Union.

Dans la mesure où le Danemark ne fait pas partie de la zone euro, il s'apprête à ne jouer qu'un rôle secondaire dans l'opération de sauvetage, mais il s'est engagé à travailler en faveur de l'unité des pays de l'Union, une initiative décrite par le ministre danois des affaires européennes, Nikolai Wammen, comme « un pont sur l'eau trouble ». [plus d'infos]

  • 11 janv. : lancement officiel de la présidence danoise du Conseil de l'UE.
  • 30 janv. : sommet extraordinaire de l'UE sur l'emploi.
  • 1-2 mars : sommet ordinaire de l'UE. Le groupe des « 17+6 » devrait signer le nouveau traité intergouvernemental pour la mise en œuvre du « pacte budgétaire ».
  • 25 mai 2012 : réunion ordinaire du Conseil européen.
  • 28-29 juin 2012 : réunion ordinaire du Conseil européen.
  • 1er juillet : début de la présidence chypriote.
  • 1er juillet 2012 : entrée en vigueur du fonds de sauvetage permanent de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité (MES).
  • fin 2012 : date butoir pour la fin du processus de ratification du nouveau traité.

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