Le dialogue UE-Cuba doit inclure toute la société civile, exigent des ONG

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, participe au troisième Conseil entre Cuba et l'Union européenne (UE) qui s'est réuni en format virtuel en présence de Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'UE, à La Havane, Cuba, le 20 janvier 2021. [Ernesto Mastrascusa/EPA]

Près d’une vingtaine d’ONG, collectifs et instituts de réflexion exigent mardi (14 septembre), dans une lettre envoyée au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, que la société civile indépendante puisse participer au dialogue politique entre l’Union européenne et Cuba.

« Nous vous exprimons notre profonde inquiétude quant au fait que la société civile indépendante de Cuba soit exclue des activités et actions qui sont menées dans le cadre de cet accord, et nous vous demandons que l’Union européenne exige et facilite la participation officielle de la société civile indépendante cubaine », écrivent ces 18 organisations, réunies dans une Coalition pour la liberté d’association.

Parmi ces organisations figurent l’ONG Freedom House (États-Unis), le Centre pour l’ouverture et le développement de l’Amérique latine (Argentine), l’ONG Civil Rights Defenders (Suède) ou encore le collectif d’artistes et intellectuels contestataires Mouvement San Isidro (Cuba).

Cuba et l’Union européenne ont signé en décembre 2016 un accord historique de dialogue et de coopération, entré en vigueur en novembre 2017.

Depuis, les deux parties mènent régulièrement des réunions sur différentes thématiques, dont les droits de l’homme, mais la dissidence cubaine critique le manque d’exigence de l’accord sur ce point et le fait de n’être jamais invitée aux discussions.

Ce courrier survient deux mois après les manifestations historiques du 11 juillet, quand des milliers de Cubains ont défilé aux cris de « Liberté » et « Nous avons faim ».

Les mobilisations se sont soldées par un mort, des dizaines de blessés et plus de 1 000 arrestations, selon l’ONG Cubalex qui assure que 505 personnes sont encore détenues.

L’Union européenne avait exigé fin juillet la libération des manifestants arrêtés « arbitrairement ».

« À la lumière du contexte autoritaire historique et des récents événements de la révolte sociale du 11 juillet, qui ont eu pour conséquence une série de mesures de répression et de persécution par le régime cubain contre des citoyens et des membres de la société civile indépendante, nous estimons que leur incorporation dans les activités et les dialogues prévus par l’accord est essentielle », écrit la Coalition dans son courrier envoyé mardi à M. Borrell.

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