Le préfet de police interdit un « bal des migrants », objet d’une polémique

Cette soirée devait rassembler mardi soir autour du thème de l'opposition à Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, chargée de la lutte contre l'immigration clandestine aux portes de l'Europe. [Franz Pfluegl/Shutterstock]

Le préfet de police de Paris a interdit mardi un « bal des migrants » qui devait se tenir dans la soirée (mardi 13 juillet) à Paris, après une polémique née des déclarations d’un DJ ayant demandé, lors d’une autre soirée, aux personnes blanches d’ « aller derrière ».

L’arrêté a été pris par le préfet en raison de « forts risques de troubles à l’ordre public », écrit la préfecture dans un communiqué.

La cinquième édition de ce bal, qui devait avoir lieu place Stalingrad (XIXe arrondissement) de 17H00 à minuit, « fait l’objet de polémiques violentes sur les réseaux sociaux après les déclarations faites notamment par l’un des animateurs de la soirée », détaille la préfecture.

« Ces déclarations d’appel à la distinction entre les êtres humains du fait de leur couleur ou de leur origine génèrent une situation conflictuelle », ajoute la préfecture, pour qui l’événement est « susceptible de rassembler des personnes véhiculant des valeurs non républicaines et contraires au principe de cohésion nationale ».

Dans une publication sur les réseaux sociaux liée à une précédente soirée, le DJ Fanaya, pour qui « le dancefloor est un espace politique où les relations de pouvoir se reproduisent aussi », imposait aux blancs d’ « aller derrière » et aux autres, « surtout les personnes noires », d’ « occuper la place et tout l’espace qui (leur) revient de droit ».

« Durant mon set (présence derrière les platines, NDLR), les personnes noires et non-blanches sont prioritaires », avait insisté l’artiste.

Sa publication avait été reprise par le député LREM François Jolivet, qui avait dénoncé sur Twitter la participation du DJ et demandé à la maire PS de Paris Anne Hidalgo d’ « interdire à cet artiste de se produire » au bal des migrants.

Les présidents italien et français se sont rencontrés pour discuter des migrations

Le président italien Sergio Mattarella a rencontré son homologue français Emmanuel Macron lundi (5 juillet) à Paris où ils ont abordé le sujet de la migration. M. Mattarella a commenté : « En Italie, quelqu’un a l’illusion qu’il est possible de mettre le panneau d’interdiction d’entrée depuis l’Afrique. »

L’interdiction préfectorale est une « atteinte directe et inouïe au droit, pour une association militante, d’exprimer une opinion politique », s’est indignée mardi l’association organisatrice de l’événement, le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), qui avait déjà annoncé dimanche que le DJ au coeur de la polémique se retirait de la programmation face aux « pressions et menaces reçues ».

C’est la « fachosphère », estime dans un communiqué le BAAM, qui a conduit à l’interdiction de cette soirée qui devait rassembler mardi soir autour du thème de l’opposition à Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, chargée de la lutte contre l’immigration clandestine aux portes de l’Europe.

Le groupe écologiste du Conseil de Paris a dénoncé sur Twitter la décision du préfet de police, « aux fondements légaux incertains et accompagnée d’une communication stigmatisante ».

« Un bal festif célébrant la solidarité avec les exilés n’est pas un trouble à l’ordre public », disent les élus EELV parisiens en réaffirmant leur « plein soutien » au BAAM, « victime de cyber harcèlement ».

Cheffe de file de l’opposition de droite au même conseil municipal, Rachida Dati (LR) a elle salué « une décision qui s’imposait : la tenue de ce bal était incompatible avec les valeurs républicaines que le groupe Changer Paris défend ».

Premier adjoint d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire (PS) avait dit samedi « désapprouver totalement » les propos du BAAM, pour qui « les positions politiques » de Fanaya « sont non seulement légitimes mais également essentielles pour permettre une réelle appropriation de l’espace par toutes les personnes racisées ».

L'Ocean Viking porte secours à 203 personnes en quelques jours en Méditerranée

En cinq opérations depuis jeudi, l’Ocean Viking a donc secouru 203 personnes en tout, dont 67 mineurs – 49 voyageant seuls -, selon une porte-parole de SOS Méditerranée.

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