Les eurodéputés veulent une eau du robinet de qualité pour réduire les déchets plastiques

Ces règles font suite à l’initiative citoyenne européenne « Right2Water » qui avait rassemblé plus de 1,8 million d’Européens en 2013. [ittipon_Shutterstock]

Les eurodéputés ont adopté mardi une directive qui va hausser les standards à respecter pour l’eau potable qui arrive dans les robinets des Européens. Le but du Parlement européen est de donner envie aux consommateurs du continent de moins se tourner vers les bouteilles d’eau en plastique. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le Parlement européen a voté de manière définitive mardi 15 décembre 2020 la directive sur l’eau potable, après avoir trouvé un accord avec les États membres. Ce texte vise à établir de nouvelles règles pour offrir une eau du robinet de haute qualité dans toute l’Union européenne.

Pour permettre et encourager les citoyens à boire l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille, la qualité de l’eau du robinet devra ainsi être améliorée en durcissant les limites maximales fixées pour certains polluants. Ces règles font suite à l’initiative citoyenne européenne « Right2Water » qui avait rassemblé plus de 1,8 million d’Européens en 2013.

Christophe Hansen, eurodéputé luxembourgeois du CSV (PPE, où siègent Les Républicains), porte le texte et explique à Ouest-France son importance.

Pourriez-vous nous résumer ce que demande cette directive ?

Premièrement, il fallait adapter la précédente directive sur ce sujet qui a maintenant déjà 20 ans. Suite aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, on a adapté par exemple les valeurs limites sur le plomb présent dans l’eau à cause des matériaux de contact, comme les vieux tuyaux ou certains nouveaux produits qui ont aussi une certaine contenance du plomb. On va donc imposer des limites plus strictes.

Aujourd’hui, on est capable de détecter de « nouveaux » polluants déjà présents dans le passé. C’est le cas des perturbateurs endocriniens, ces substances actives sur le système hormonal qui sont en plus cancérogènes.

La Commission va donc devoir émettre des mesures strictes pour ces produits. On lui demande également de développer rapidement une méthodologie pour détecter les microplastiques qui finissent dans notre système digestif.

La qualité de l’eau nécessite d’être standardisée partout en Europe ?

Disons que la qualité n’est pas équivalente dans tous les États membres. Dans certains pays, il faut moderniser le système de l’infrastructure pour l’eau.

Il y a aussi une partie de la population qui n’a pas accès à l’eau. Par exemple, des populations vulnérables comme les Roms ou d’autres qui n’ont pas de résidence fixe. On demande donc que l’accès à l’eau soit garanti et que partout on ait des fontaines sur les places publiques, mais aussi dans des bâtiments publics, pour permettre à tout le monde d’accéder à l’eau.

En quoi donner un accès à de l’eau potable de qualité réduirait-il notre consommation de bouteille d’eau en plastique ?

Il faut savoir qu’un litre d’eau dans une bouteille plastique transportée jusqu’à votre maison a besoin en moyenne de 1 000 fois plus d’énergie que l’eau du robinet. Il est urgent du point de vue environnemental de renforcer la confiance du citoyen dans l’eau du robinet pour qu’il consomme moins d’eau en bouteille.

De point de vue économique, pour le prix d’une bouteille d’eau minérale, on peut consommer en principe jusqu’à 500 litres d’eau du robinet. Il y a donc une grande économie à faire pour les ménages.

Cette directive est un peu la suite de l’initiative citoyenne « Right2Water » qui a été présentée en 2013. Comment peut-on expliquer que cela ait mis autant de temps à être décidée ?

On a perdu un an à cause de la crise sanitaire, car les experts de cette question étaient concentrés à juste titre sur autre chose, et des élections européennes qui ont changé les interlocuteurs chez nous. J’ai par exemple remplacé sur cette question l’eurodéputé français Michel Dantin (LR).

Il faut aussi comprendre qu’il s’agit d’un dossier hautement technique, avec énormément d’acteurs concernés : comme l’agriculture, les entreprises de gestion de l’eau, etc.

Enfin, le Parlement européen s’est battu pour obtenir des États membres plus de transparence sur la qualité de l’eau et donner au consommateur la possibilité de comparer les éventuels problèmes ou bienfaits de l’eau du robinet dans leur région.

On a aussi exigé une transparence sur la structure du prix de l’eau parce qu’on a parfois une grande divergence entre les États, mais aussi entre régions, même dans des petits pays comme le Luxembourg. Certaines communes de mon pays ont ainsi un prix qui est 5 fois inférieur à celui d’autres villes.

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