Les pays du sud réclament la démission de Dijsselbloem

Citoyens et politiques appellent aujourd'hui à la démission du président de l'Eurogroupe.

Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l’Eurogroupe, est au centre d’une controverse déclenchée par des propos jugés racistes et machistes et dont il refuse de s’excuser.

Dans cet entretien publié dans l’édition de lundi du journal, il semble établir une comparaison entre les pays du sud de l’Europe ayant reçu une aide financière de l’UE et un individu qui dépenserait tout son argent « en alcool et en femmes ».

« Durant la crise de l’euro, les pays du nord ont fait montre de solidarité avec les pays touchés par la crise. En tant que social-démocrate, j’accorde une importance exceptionnelle à la solidarité. Mais on a aussi des obligations. Je ne peux pas dépenser tout mon argent en ‘schnaps’ et en femmes et ensuite vous demander de l’aide », déclare-il. « Ce principe vaut aux niveaux personnel, local, national et même européen. »

Appels à la démission

Dénonçant des propos « racistes, xénophobes et sexistes », le Portugal a réclamé sa démission. « L’Europe ne sera crédible que le jour où Jeroen Dijsselbloem aura démissionné de la présidence de l’Eurogroupe et aura clairement présenté des excuses à tous les pays et à tous les peuples qu’il a profondément offensés », a assuré le Premier ministre portugais, Antonio Costa, dont le pays, à l’instar de la Grèce, a dû en passer par un plan de renflouement financier.

En Espagne, dont le secteur bancaire a bénéficié d’un soutien financier, le député Esteban Gonzalez Pons a déploré « une insulte raciste et machiste aux pays du Sud et à leurs femmes ». Lui aussi a réclamé la démission du Néerlandais.

« Je pense que c’est un commentaire malheureux, autant sur la forme que sur le fond », a également regretté e le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos.

Une opinion partagée par l’ancien chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui a indiqué que les « gens comme Dijsselbloem […] ne méritent pas d’occuper leur poste ». « Et le plus tôt il démissionnera, le mieux cela sera », a-t-il ajouté.

À Bruxelles, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé qu’il avait commis une erreur. « Je peux dire que je n’aurais pas dit cela. Et je pense que c’est une erreur », a-t-elle estimé lors d’une conférence de presse.

Le ton monte entre l'Eurogroupe et le gouvernement grec

Les créanciers européens de la Grèce ont suspendu les mesures prises sur la dette la semaine passée pour répondre aux décisions sociales annoncées par Alexis Tsipras. Ce dernier est une nouvelle fois menacé d’une humiliation cuisante. Un article de notre partenaire La Tribune.

Une position fragilisée

Sur la défensive, le président de l’Eurogroupe a fait savoir par son porte-parole qu’il ne visait spécifiquement aucun pays ou groupe de pays.

« Dijsselbloem n’a pas désigné un pays ou un groupe de pays. […] la solidarité s’accompagne d’obligations. Nous devons respecter nos règles budgétaires. C’est important sur les plans personnel, national et international », a précisé son porte-parole.

Le représentant néerlandais a catégoriquement refusé de s’excuser de ses propos désobligeants lors d’une rencontre avec les eurodéputés le 21 mars.

« Je me demande vraiment comment une personne avec de telles convictions peut encore être considérée comme apte à être président de l’Eurogroupe », a réagi le chef du groupe Socialistes et Démocrates au Parlement européen, l’Italien Gianni Pitella, jugeant ses propos « honteux », « choquants » et « discriminatoires à l’égard des pays du sud de l’Europe ».

Dijsselbloem quittera-t-il la présidence de l'Eurogroupe?

Le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, s’apprête à avoir une discussion avec ses collègues de la zone euro à propos de son mandat de président de l’Eurogroupe, au lendemain de la défaite électorale de son parti aux Pays-Bas.

Le mandat du ministre des Finances néerlandais à la présidence de l’Eurogroupe s’achève en janvier 2018. Il jouit de la considération des 18 autres ministres de l’Eurogroupe et des institutions de l’E, mais la débâcle de son Parti travailliste (PvdA) aux élections législatives du 15 mars aux Pays-Bas avait déjà fragilisé sa situation.

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