Méfiance du nouveau Parlement à l’égard du modèle anglo-saxon [FR]

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Le nouveau Parlement européen pourrait réagir violemment contre le modèle économique américano-britannique, selon Michiel Van Hulten de la frime d’affaires publiques Burson-Marsteller, qui s’est exprimé lors d’une entretien à EURACTIV ; il prédit que tous les groupes parlementaires traditionnels devraient plaider pour une réglementation plus stricte de l’économie à la suite de la crise.

Les élections européennes du mois dernier ont débouché sur une structure politique plus complexe au Parlement et plus diversifiée qu’auparavant, explique M. Van Hulten, administrateur délégué pour les relations gouvernementales dans la branche bruxelloise de la firme de consultance.

La décision du dirigeant de l’opposition britannique, David Cameron, a ajouté à cette complexité, selon lui : M. Cameron a décidé de retirer les eurodéputés Tories du Parti populaire européen (PPE) pour former un nouveau groupe, les Européens conservateurs et réformateurs (ECR).

La décision des conservateurs de quitter le groupe PPE-DE signifie que le PPE va maintenant devenir plus homogène et proeuropéen, et qu’il va probablement glisser un petit peu vers la gauche, a prédit M. Van Hulten.

Il semble que le PPE pourra travailler plus étroitement avec les Socialistes et Démocrates (groupe S&D) et qu’il le voudra, ce qui signifie que le nouveau groupe ECR risque d’être marginalisé lors des grands débats, a-t-il dit.

De même, Laurent Chokoualé Datou, directeur général du bureau bruxellois de la firme de relations publiques Edelman a rappelé que le PPE et les socialistes avaient des antécédents de longue date sur la formation de compromis techniques, par-delà les apparentes divisions gauche/droite.

Helmut Weixler, chef du service de presse du groupe des Verts, a récemment affirmé à EURACTIV que les socialistes avaient déjà accepté de former une coalition élargie avec le PPE de centre droit après les vacances d’été (EURACTIV 07/07/09).  

M. Van Hulten va plus loin, cependant, et prévoit un accord encore plus important entre les groupes du PPE-DE, des Socialistes et démocrates et de l’ADLE dans le processus d’intégration européenne.

Ces trois groupes supportent pleinement le traité de Lisbonne et on peut s’attendre à ce qu’ils soutiennent des avancées prudentes en faveur de plus d’intégration, a-t-il prédit.

S’exprimant hier à Strasbourg, le dirigeant de l’ADLE Guy Verhofstadt a loué l’engagement des trois plus importants groupes en faveur de valeurs proeuropéennes, saluant leur intention de rechercher un consensus politique au cœur de l’Union européenne pour répondre de manière unie aux multiples défis qu’affrontent les Européens.

C’est la première fois que l’on tombe d’accord sur une plateforme non partisane comme celle-ci, que j’ai personnellement et fermement défendue depuis le tout début, a-t-il déclaré. Je crois qu’en cette période de crise, l’Union européenne a besoin d’une vision commune pour son avenir ; nous aurons besoin pour cela d’un certain degré d’accord politique pour la suite, a-t-il conclu.

Avant les élections européennes, M. Verhofstadt avait déclaré qu’il était temps pour l’UE d’aller de l’avant dans un effort unique pour sauver son avenir, et il avait appelé les forces politiques d’Europe à unir et non à diviser (EURACTIV 16/04/09). 

M. Van Hulten croit aussi que le PPE et les libéraux feront équipe pour utiliser la nouvelle force de centre droit afin de travailler à la réduction des lourdeurs administratives de la législation européenne, facilitant ainsi la tâche aux entreprises qui travaillent dans l’UE. 

Cette vue est partagée par d’autres, dont Georg Danell de Kreab Gavin Anderson, qui prévoit une coalition de centre droit entre le PPE, l’ADLE et l’ECR sur la majeure partie de la législation concernant les entreprises. 

Pour Caroline Wunnerlich de Fleishman-Hillard Europe, le PPE doit faire un choix essentiel : faire plus de compromis au nom d’un consensus pro-européen ou atteindre ses objectifs avec des acolytes un peu embarrassants.

Pour lire l’entretien avec M. Van Hulten, cliquez ici.

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