L’Autriche s’inquiète du pacte migratoire de l’ONU

Le vice-chancelier autrichien, Heinz-Christian Strache, s'inquiète de la souveraineté de son pays en matière d’immigration. [EPA-EFE/ANDREJ CUKIC]

190 États ont participé aux négociations du pacte migratoire de l’ONU. Mais à deux mois de la signature, l’Autriche émet des doutes.

Le FPÖ, parti libéral autrichien au pouvoir, s’oppose totalement à l’immigration et à l’accueil de réfugiés. Le numéro deux autrichien, Heinz Christian Strache (FPÖ), a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises que « la migration n’est pas un droit de l’Homme ».

Il s’était déjà prononcé contre le pacte de l’ONU sur la migration, censé être officiellement signé au Maroc au mois de décembre.

Les États-Unis et la Hongrie ont déjà annoncé qu’ils ne signeraient pas cet accord. La Pologne compte leur emboîter le pas. L’Autriche pourrait suivre.

Le chancelier, Sebastian Kurz, a indiqué qu’il souhaitait coordonner étroitement son action avec celle d’autres États. Un commentaire qui fait notamment référence à la Suisse, pays toujours favorable au texte onusien.

 

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Le droit international aura le dernier mot

Malgré tout, le pacte est toujours en cours de négociation. Et ni le chancelier ni le vice-chancelier autrichiens n’ont précisé quels points suscitaient la controverse.

En substance, la problématique est ordinaire. Chaque pays veut contrôler sa propre politique migratoire et ne pas se la voir imposer.

Et si l’Autriche fera tout pour garder sa souveraineté en matière d’immigration, Sebastian Kurz a admis que le pays était lié par le droit international .

Dans l’opposition, des voix n’ont pas tardé à se faire entendre, en réponse au chemin qu’a choisi d’emprunter le gouvernement. Parmi les contestataires, Andreas Schieder, tête de liste aux européennes pour le parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), estime que « les déplacements de population et leurs causes ne peuvent être gérées qu’en coopération internationale étroite ».

« L’Autriche va finir par jouer dans la même ligue que Trump et Orbán , et nous pourrons dire adieu à notre réputation de pays diplomate et conciliant », a-t-il regretté.

Le parti libéral NEOS s’alarme de voir l’Autriche « porter une telle atteinte au droit international », avant d’ajouter que le pacte ne serait de toute façon pas contraignant.

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