Orbán promet de respecter le droit européen

Viktor Orban lors du sommet du 29 avril. [Council]

Viktor Orbán a promis de respecter le droit européen après s’être fait sermonner sur ses attaques de l’université d’Europe centrale et ses rhétoriques anti-UE « inacceptables ».

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a rencontré Joseph Daul, Jean-Claude Juncker et Antonio Tajani, respectivement présidents du Parti populaire européen, de la Commission et du Parlement européen. Sa rencontre avec la direction du PPE, dont est membre son propre parti, Fidesz, a eu lieu juste avant le sommet à 27 qui se déroulait à Bruxelles le 29 avril.

« Étant donné l’évaluation de la Commission et l’issue des échanges du PPE avec des représentants de la société civile et des universités hongroises, nous sommes arrivés à la conclusion que le dialogue n’est pas suffisant », a estimé Joseph Daul après la rencontre. « Nous n’accepterons pas que des libertés fondamentales soient entravées ou que l’État de droit soit négligé. »

Depuis son refus obstiné d’accepter un quota d’accueil des réfugiés, la Hongrie entretient des relations tendues avec les institutions européennes et certains États membres, dont l’Allemagne.

Orban lance une consultation anti-européenne en Hongrie

La Hongrie lance son initiative « Let’s stop Brussels » (arrêtons Bruxelles), quelques jours seulement après le retour de son Premier ministre du sommet de Rome. Viktor Orbán compte pourtant parmi les signataires de la déclaration pro-européenne qui y a été adoptée, souligne la Commission.

Le Premier ministre prend également régulièrement des décisions qui irritent Bruxelles. Les dernières en date, son intention de forcer la fermeture de l’université d’Europe centrale, basée à Budapest, et sa campagne anti-UE « Arrêtons Bruxelles », ont rendu la situation inacceptable pour les institutions et les autres membres du PPE.

Le parti conservateur européen a donc exigé que les autorités hongroises prennent « toutes les mesures nécessaires » pour respecter la législation européenne. Viktor Orbán a « rassuré le PPE sur la volonté de la Hongrie d’agir dans ce sens », a déclaré Joseph Daul après une discussion « ouverte et franche » – entendez crispée.

La rencontre n’aurait cependant pas été aussi difficile que d’autres discussions impliquant le Premier ministre hongrois, selon certaines sources au sein du PPE. Il n’est toutefois pas encore dit que Viktor Orbán modifie réellement ses décisions récentes.

L'Université d'Europe centrale appelle l'UE à l'aide en Hongrie

Le président d’une université de Budapest appelle Bruxelles à l’aide face aux pressions du Premier ministre, Viktor Orbán, un jour avant l’annonce du lancement d’une procédure d’infraction contre la Hongrie par la Commission européenne.

Des représentants du PPE ont assuré qu’il a néanmoins promis d’être « ouvert » à la discussion des inquiétudes exprimées par la Commission.

Le parti européen de centre droit est intervenu après que la Commission  a lancé une procédure d’infraction visant la nouvelle loi hongroise sur l’enseignement supérieur, qui mènerait à la fermeture de l’université d’Europe centrale, fondée par George Soros. Selon certaines sources au sein des institutions européennes, Jean-Claude Juncker aurait demandé  au PPE d’inclure le sujet à la rencontre.

Les plus proches collaborateurs du Premier ministre hongrois ont assuré à la presse que la nouvelle loi ne remettait pas en cause le fonctionnement de l’université. Un porte-parole du gouvernement a en outre refusé de confirmer que la loi sur l’enseignement supérieur serait modifiée.

« Des propositions inacceptables »

« Les propositions du gouvernement hongrois sont inacceptables », a pour sa part déclaré Manfred Weber, chef de file des eurodéputés PPE. Il espère que Viktor Orbán coopérera avec l’exécutif européen afin d’aligner la législation nationale au droit européen. « La liberté de la science au sein de l’UE est fondamentale. »

Outre la possibilité pour l’université d’Europe centrale de rester ouverte, le PPE souhaite que les ONG hongroises soient respectées et que Budapest cesse sa campagne anti-européenne. « L’évidente rhétorique anti-UE de la consultation ‘Arrêtons Bruxelles’ est inacceptable », a insisté Joseph Daul.

Orbán attaque la Cour européenne des droits de l'homme

Le Premier ministre hongrois a qualifié l’immigration de « cheval de Troie du terrorisme », accusant la Cour européenne des droits de l’homme de créer un appel d’air avec des décisions favorables aux migrants.

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