Trafic de passeports en Bulgarie

Le président français Emmanuel Macron reçoit le Premier ministre bulgare Boïko Borissov à l'Elysée. [AFP/OF]

La justice bulgare enquête sur un vaste trafic de nationalité bulgare impliquant des agents de l’État soupçonnés d’avoir aidé à l’octroi illégal de très nombreux passeports ouvrant les portes de l’Union européenne.

La justice bulgare a annoncé lundi enquêter sur un vaste trafic de nationalité bulgare impliquant des agents de l’État soupçonnés d’avoir aidé à l’octroi illégal de très nombreux passeports ouvrant à leurs bénéficiaires le droit de voyager et séjourner dans l’Union européenne.

« Des perquisitions sont en cours et des témoins sont interrogés » dans le cadre de cette enquête visant notamment l’agence des Bulgares de l’étranger, un service de l’État jouant un rôle décisif dans les procédures de naturalisation, a annoncé un communiqué du parquet en charge de la criminalité organisée.

Accès à l’espace Schengen

L’enquête est ouverte pour les faits de corruption, d’abus de pouvoir et de falsification de documents, selon la même source.

Selon les médias bulgares, le directeur de l’agence fait partie des personnes interpellées aux côtés d’une vingtaine d’employés et d’individus soupçonnés d’avoir joué le rôle d’intermédiaires auprès des candidats à la nationalité bulgare, originaires de pays de l’est de l’Europe non membres de l’Union européenne.

De 30 à 40 passeports bulgares frauduleux auraient été délivrés chaque semaine dans le cadre de ce trafic dont on ignore à ce stade la durée, affirme la radio publique BNR. Il suffisait, selon les médias, de s’acquitter de 5 000 euros pour se voir délivrer un faux certificat attestant d’origines bulgares donnant droit à la naturalisation et, partant de là, à un passeport permettant de voyager sans visa dans l’UE.

Des ressortissants d’Ukraine, de Moldavie et de Macédoine, pays où vivent des communautés d’origine bulgare, seraient les principaux bénéficiaires de ce trafic.

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Avez-vous un ancêtre bulgare ?

L’agence des Bulgares de l’étranger est normalement habilitée à délivrer des certificats à des ressortissants d’autres pays qui peuvent prouver qu’au moins un leurs ancêtres était bulgare. Sofia procède en moyenne à 10 000 naturalisations par an, dont l’essentiel sur la base de cette procédure d’hérédité.

Des perquisitions ont eu lieu lundi au siège de l’agence à Sofia ainsi que dans plusieurs cabinets d’avocat en Bulgarie.

Les critères pour prouver ses origines bulgares ont été sujets à débat. Une déclaration sur l’honneur a longtemps suffi mais depuis le 1er mai 2017, Sofia réclame des documents prouvant l’origine bulgare d’un parent ou d’un grand-parent.

Katia Mateva, ancienne cheffe de la direction de la citoyenneté bulgare au ministère de la Justice, avait déclaré en mars à l’hebdomadaire français L’Obs avoir fait annuler une soixantaine de naturalisations après avoir découvert grâce à Interpol que leurs bénéficiaires étaient recherchés pour des actes criminels.

L’agence qui délivre les certificats d’origine bulgare est traditionnellement proche des partis nationalistes qui appartiennent à l’actuelle coalition du conservateur Boïko Borissov.

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