Transparency International : la corruption alimente la crise dans la zone euro

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Les lacunes en matière de lutte contre la corruption et de gouvernance minent la stabilité économique et financière de l'Europe. Elles ont contribué à la crise de la zone euro, peut-on lire dans un rapport publié hier (6 juin) par Transparency International.

 

 

L'ONG de lutte contre la corruption a déclaré qu'il existait une forte corrélation entre les déficits budgétaires et la corruption dans des pays frappés par la crise comme la Grèce, le Portugal et l'Espagne. Cependant, même les pays considérés comme irréprochables souffrent de lacunes dans leur cadre anti-corruption.

 

Les liens entre la corruption et les crises financière et budgétaire ne devraient plus être ignorés, a affirmé Transparency International (TI). La Grèce, le Portugal et l'Espagne ont été mis en exergue comme les pays où « l'inefficacité, les malversations et la corruption ne sont pas suffisamment contrôlées et sanctionnées ».

 

Dans son rapport, intitulé « Money, Politics, Power – Corruption risks in Europe », l'ONG analyse plus de 300 institutions nationales dans 25 Etats. « La situation varie beaucoup en Europe », a expliqué Cobus de Swardt, directeur de Transparency International. « Mais aucun pays ne s'en sort bien dans tous les domaines. »

 

En Grèce, l'organisation a découvert que seuls 2 % des fonctionnaires avaient fait l'objet de procédures disciplinaires, « malgré le grand nombre d'affaires de corruption ». TI a également remis en question l'indépendance de la Cour des comptes grecque, dans la mesure où elle est responsable devant l'exécutif et non devant le parlement. Au Portugal et en Espagne, les institutions de contrôle se sont également révélées bien moins performantes que la moyenne.

 

Jorgo Chatzimarkakis, un eurodéputé libéral allemand d'origine grecque, a fustigé la Grèce en affirmant que 93 % de l'administration grecque était inutile.

 

La corruption, selon la définition de Transparency International, est inhérente au système grec de clientélisme, a ajouté M. Chatzimarkakis. Il a plaidé en faveur de ce qu'il a appelé le « Iolaos-plan ». M. Chatzimarkakis souhaiterait envoyer des Grecs qui travaillent dans les institutions de l'Union européenne à Athènes « pour leur insuffler la mentalité de l'administration européenne ».

 

L'organisation TI ne s'est toutefois pas montrée très élogieuse à propos des institutions de l'UE. L'UE pourrait par exemple encore s'améliorer au niveau de la transparence de ses partis politiques.

 

En outre, TI a critiqué le fait que le registre des lobbies soit facultatif à Bruxelles. Le code de conduite des parlementaires européens n'a par ailleurs pas empêché certains eurodéputés de se faire engager comme lobbyistes juste après la fin de leur mandat.

 

Dennis De Jong, un eurodéputé néerlandais de centre-droit, a déclaré : « Les institutions de l'Union européenne ont du travail en ce qui concerne l'accès à l'information. » La limite de 150 euros pour les cadeaux que les parlementaires peuvent accepter est selon lui bien trop élevée. Il souhaiterait que cette limite soit abaissée à 50 euros.

 

De manière générale, le rapport souligne les forces et les faiblesses de chaque Etat. Dix-neuf des 25 pays analysés n'ont pas encore réglementé les activités des groupes de pression et seuls 10 d'entre eux ont interdit les dons non déclarés aux partis politiques. Dans 20 pays, les citoyens rencontrent des difficultés lorsqu'ils souhaitent avoir accès à certaines informations, et 17 Etats ne disposent pas d'un code de conduite pour leurs parlementaires.

 

Même dans les pays où ce genre de problèmes n'est généralement pas rapporté, la corruption reste bien présente. L'Allemagne, par exemple, n'a toujours pas ratifié la Convention de l'ONU contre la corruption.

 

Bien que le pays ait reçu de bonnes notes de la part de l'ONG, il reste des choses à améliorer. L'Allemagne ne réglemente notamment pas suffisamment les activités de lobbying. Dans son rapport, TI critique le seuil des dons versés aux partis politiques qui est, selon elle, trop élevé. Les partis allemands doivent en effet mentionner le nom du donateur dans leur déclaration annuelle si le montant dépasse 10 000 euros par an.

 

ONG

Transparency International : Money, Politics, Power – Corruption risks in Europe

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