Un commissaire autrichien accusé de plagiat

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Le parcours académique du commissaire européen en charge de la politique régionale, Johannes Hahn, est remis en question après qu'un groupe d'experts a révélé 76 cas de plagiat dans sa thèse de doctorat datant de 1987. M. Hahn a réfuté ces accusations et a affirmé qu'elles étaient « politiquement motivées ». Un reportage d'EURACTIV Allemagne.

Ces 76 cas de plagiat représenteraient au moins 17,2 % de la thèse de M. Hahn, selon l'opinion d'un expert demandée par le parti Vert dans l'opposition en Autriche.

Le commissaire a écrit sa thèse en 1987 à l'Université de Vienne, à une époque où les programmes qui repèrent le plagiat n'étaient pas monnaie courante. Elle est intitulée « Die Perspektiven der Philosophie heute – dargestellt am Phänomen Stadt » (en français : « Perspectives actuelles de la philosophie à l'exemple du phénomène urbain »).

Ce n'est pas la première fois que M. Hahn est accusé de plagiat. En 2007, lorsqu'il était ministre des sciences et de la recherche au sein du parti conservateur autrichien ÖVP, il fut accusé de plagiat sur la même thèse.

A l'époque, une commission d'experts n'avait trouvé aucune trace de plagiat dans son travail.

Mais à la lumière des récents scandales à ce sujet en Allemagne, il semblerait que les détracteurs de M. Hahn soient déterminés à ne pas le laisser s'en tirer comme ça.

L'ancien ministre allemand de la défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, une star montante de la politique qui était considéré comme l'héritier politique de la chancelière Angela Merkel, a été forcé de démissionner début 2011 suite à un scandale de plagiat. Une coalition de citoyens et d'universitaires l'avait accusé d'avoir repris de grandes parties de sa thèse de doctorat de sources extérieures sans les référencer.

Plus récemment, une vice-présidente du Parlement européen, l'eurodéputée Silvana Koch-Mehrin (Allemagne; Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe) a été accusée d'avoir plagié 25 % de sa thèse.

Elle a annoncé qu'elle démissionnait de ses fonctions de vice-présidente du Parlement et de dirigeante de la délégation libérale allemande en mai, affirmant souhaiter que l'enquête de l'Université d'Heidelberg puisse être menée paisiblement. Mme Koch-Mehrin reste toutefois eurodéputée.

Des conséquences politiques pour la Commission européenne ?

Dans le cas de M. Hahn, l'opinion d'expert a été demandée par Peter Pilz, un parlementaire autrichien du parti des Verts dans l'opposition. L'analyse du travail académique a été réalisée par le chercheur Dr Stefan Weber qui avait déjà accusé M. Hahn de plagiat en 2007.

Le bureau de presse du commissaire Hahn a rejeté ces accusations. Dans une déclaration, ses assistants ont souligné que la thèse avait déjà été analysée, en vain. En outre, les conclusions d'une autre analyse de ce travail, menée par l'Université de Vienne où le commissaire Hahn a fait son doctorat, doivent encore être publiées, a précisé le bureau de presse.

Concernant les conclusions rendues par Stefan Weber, le cabinet de M. Hahn a déclaré qu'elles étaient « politiquement motivées ». Par conséquent, il ne faut pas faire confiance aux résultats obtenus, ont ajouté les représentants de M. Hahn.

Pour le moment, le poste de Johannes Hahn en tant que commissaire à la politique régionale n'est pas menacé. Si les accusations devaient se confirmer, il semble peu probable que la Commission le force à partir étant donné la nature mineure de ces accusations.

Pour le Parlement européen, la seule option serait une motion de censure contre toute la Commission Barroso, ce qui semble invraisemblable. La chute de la Commission Santer en 1999 était motivée par des accusations beaucoup plus sévères de corruption et de détournement de fonds à l'encontre de la commissaire Edith Cresson.

Si la situation s'envenime, M. Hahn pourrait bien entendu décider de démissionner.

Johannes Hahn est un homme politique autrichien du parti conservateur ÖVP qui a servi en tant que ministre des sciences (2007-2010) et ministre de la justice (2003-2007) après avoir occupé différents postes au niveau régional à Vienne.

Il peut également se targuer d'une grande expérience dans le secteur privé pour avoir été le PDG de Novomatic, un groupe actif dans le secteur du divertissement et des jeux, et avoir occupé différents postes de direction au sein de plusieurs groupes industriels autrichiens.

Depuis 2010, il est commissaire européen à la politique régionale.

M. Hahn est devenu docteur en philosophie à l'Université de Vienne en 1987, avec une thèse intitulée « Die Perspektiven der Philosophie heute – dargestellt am Phänomen Stadt » (en français : « Perspectives actuelles de la philosophie à l'exemple du phénomène urbain »).

En 2007, lorsqu'il était ministre des sciences et de la recherche au sein du parti conservateur autrichien ÖVP, il fut accusé de plagiat sur la même thèse, mais les accusations furent abandonnées après qu'une commission d'experts n'ai trouvé aucune trace de plagiat dans son travail.

Le plagiat est le fait de s'approprier le travail ou les idées d'une autre personne et de les présenter comme étant siennes sans citer l'auteur original.

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