Ursula von der Leyen appelle l’UE à partager ses vaccins avec Kiev

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet vidéo des membres du Conseil européen. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET / POOL]

Le présidente de la Commission européenne a appelé lundi les pays de l’UE à « donner une partie » de leurs vaccins à l’Ukraine, après que Kiev, qui a refusé le vaccin russe, a appelé les Européens à l’aide pour en obtenir.

« J’ai demandé à nos pays membres de donner une partie de leurs doses à l’Ukraine », a déclaré Ursula von der Leyen, durant une intervention télévisée lors d’une conférence sur la pandémie organisée à Kiev. « L’UE est aux côtés de l’Ukraine » parce que « nous sommes une famille européenne », a-t-elle assuré. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé récemment les problèmes d’accès au vaccin face à la concurrence des pays riches. Il a en particulier appelé l’UE à aider ses voisins orientaux à en obtenir.

M. Zelensky a indiqué lundi, lors de la conférence à laquelle participait Mme von der Leyen, que Kiev négociait des vaccins avec la Pologne voisine. L’Ukraine prévoit de commencer sa campagne de vaccination mi-février, dès qu’elle aura reçu le premier lot de 117 000 doses de vaccin Pfizer dans le cadre du programme onusien Covax qui doit au total fournir à ce pays 8 millions de doses.

Kiev table également sur 12 millions de doses de vaccins développés par les groupes britannique AstraZeneca et américain Novavax et fabriqués par l’indien Serum Institute. L’Ukraine prévoit d’acheter de 1,9 à 5 millions de doses du vaccin chinois Sinovac si l’efficacité de ce dernier se confirme.

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Négociations avec Pfizer-BioNTech

Dans la soirée, M. Zelensky s’est par ailleurs entretenu par téléphone avec le directeur général du groupe américain Pfizer, Albert Bourla, pour discuter « de la conclusion d’un contrat sur la livraison du vaccin Pfizer/BioNTech dans les plus brefs délais », a annoncé la présidence dans un communiqué. Les négociations avec Pfizer portent sur des « millions » de doses, a précisé à l’AFP la porte-parole de la présidence Ioulia Mendel.

Plus tôt dans la journée, M. Zelensky a promis de se faire vacciner « en direct » afin de « montrer l’exemple », alors que plus de la moitié des Ukrainiens, selon des sondages, disent ne pas être prêts à se faire immuniser. Il a par contre réitéré son refus d’avoir recours au vaccin russe Spoutnik V, arguant de doutes sur son efficacité malgré la publication dans une grande revue médicale britannique de conclusions favorables. « Les Ukrainiens ne sont pas des cobayes humains », a-t-il lancé.

Un des pays les plus pauvres de l’Europe, cette ex-république soviétique de 40 millions d’habitants au système de santé publique délabré a enregistré à ce jour près de 1,2 million de cas de Covid-19, dont près de 24 000 mortels. Les relations entre Kiev et Moscou sont au plus bas depuis l’annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée suivie du déclenchement d’une guerre avec les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine.

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