La présidence italienne du G7 a débuté par un sommet Italie-Afrique à Rome, le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia, CRE) s’étant engagé à faire du développement de l’Afrique un thème central de son mandat grâce au plan Mattei.
Vingt-cinq chefs d’État et de gouvernement africains se sont rendus à Rome les 28 et 29 janvier pour le sommet Italie-Afrique. Charles Michel, président du Conseil européen, Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne se sont également rendus sur place.
« Il s’agit d’un plan [le plan Mattei] concret d’interventions stratégiques, axé sur quelques priorités à moyen et long terme, l’éducation et la formation, la santé et l’agriculture, l’eau et l’énergie », a expliqué Mme Meloni, précisant que les quadrants subsaharien et nord-africain seraient le point de départ de ce plan.
L’un des piliers du plan est l’énergie. La société d’énergie Eni est au premier plan car son PDG, Claudio Descalzi, a participé à toutes les missions que la Première ministre italienne a effectuées en Afrique depuis le début de son mandat, au cours desquelles elle a conclu des accords de coopération dans le domaine de l’énergie.
Une autre question cruciale pour Mme Meloni est celle de l’immigration, qu’elle espère contrôler en concluant des accords avec les pays de transit et de départ vers l’Italie.
Mme von der Leyen s’est exprimée lors du sommet : « Nous devons sévir contre les trafiquants d’êtres humains (…) et construire en parallèle des alternatives légales à ces itinéraires mortels. Nous sommes prêts à offrir davantage de possibilités de venir légalement en Europe afin que les gens puissent se déplacer, apprendre et ramener de nouvelles compétences chez eux ».
Cependant, il n’y a qu’un seul moyen d’arrêter l’immigration massive : assurer la prospérité dans les régions de l’Afrique où l’économie est en berne, a affirmé le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki.
Prenant acte des paroles encourageantes des dirigeants européens, M. Faki a demandé que toutes les promesses soient tenues et qu’un véritable changement de paradigme s’opère.
« L’Afrique ne veut pas tendre la main, nous ne sommes pas des mendiants. L’Afrique veut prôner un changement de paradigme pour un nouveau modèle de partenariat, ouvrir la voie à un monde plus juste et plus cohérent et construire la paix par l’amitié et non par les barrières », a déclaré M. Faki.
Toutefois, l’opposition de gauche a émis des critiques, considérant le plan Mattei comme une « boîte vide » qui ne sert qu’à la propagande du gouvernement de centre droit à l’approche des élections européennes de juin.
« Relancer les relations entre l’Italie et l’Afrique est une tâche énorme, si Mme Meloni veut être sérieuse, elle ne s’en sortira pas avec quelques slogans », a commenté la vice-présidente du Parti démocrate (PD, S&D), Lia Quartapelle, également vice-présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés.


