Simon Coveney : la simplification de la PAC rendra la vie plus facile aux agriculteurs

Simon Coveney, left. [Wikimedia]

Le ministre irlandais de l’Agriculture a été l’un des négociateurs principaux de la politique agricole commune pour 2014-2020 lors de la présidence de l’Irlande, début 2013. Aujourd’hui, il soutient les initiatives en faveur d’une PAC moins lourde à appliquer. 

Simon Coveney, 43 ans, est ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires marines depuis le 9 mars 2011. Il a également fait partie du Parti populaire européen et a été élu pour la première fois au sein de l’Irish Dáil (Fine Gael) en 1998. 

Il y a deux ans, vous aviez déclaré à EURACTIV : « nous avons trouvé un équilibre qui convient à tout le monde ». Pourtant, depuis des mois, la Commission est pressée de revoir certaines mesures, comme celles qui concernent le « verdissement ». Qu’est-ce qui a rompu l’équilibre ?

Je suis toujours convaincu que l’accord sur la réforme de la PAC, qui a été conclu durant la présidence irlandaise, était un accord équilibré tenant compte des différentes priorités des trois institutions impliquées, le Parlement européen, la Commission et le Conseil.

Après l’accord conclu en juin 2013 entre le Conseil des ministres, le Parlement européen et la Commission européenne, la présidence irlandaise sur la réforme de la politique agricole commune, le régime de paiement de base a remplacé le régime de paiement unique au début de l’année 2015. En plus du régime de paiement unique, les États membres doivent aussi introduire un paiement pour pratiques agricoles bénéfiques pour le climat et l’environnement, ou « verdissement », comme on l’appelle en général.

Ces obligations restent valables et n’ont pas changé depuis leur adoption suite à l’accord de 2013. La discussion actuelle sur le verdissement concerne la simplification de certaines des règles détaillées introduites par la Commission européenne après l’accord. Ces règles techniques relatives à l’application des mesures du règlement 1307/2013 sont inscrites dans le règlement d’application et des actes délégués.

Quels changements apporteriez-vous à la PAC ?

Nous sommes dans la première année d’application de la nouvelle PAC. Mon département se concentre sur l’application de la nouvelle politique, tout en protégeant le sens de stabilité et de certitude dont les agriculteurs ont tant besoin.

La simplification de la PAC est en cours et a été placée en haut de la liste des priorités pour 2015 par le commissaire à l’agriculture [Phil Hogan]. Le commissaire a déclaré que la simplification de la PAC devrait se concentrer sur les changements à effectuer dans le processus de mise en œuvre, sans changer les décisions politiques prises lors de la réforme de 2013. Je soutiens pleinement les objectifs du commissaire et je travaille avec mes collègues européens dans le but d’alléger le fardeau que représente la PAC pour les agriculteurs et les administrations nationales.

La PAC a été très critiquée au Parlement européen, qui a participé pour la première fois à son processus législatif en 2012-2013. En tant qu’ancien eurodéputé, comment voyez-vous le rôle du Parlement ?

En tant que représentants des citoyens européens, les eurodéputés jouent un rôle important dans le processus législatif européen. La finalisation de la réforme de la PAC était la priorité première de la présidence irlandaise. J’avais une relation très constructive avec le Parlement pendant notre présidence et la participation des eurodéputés a donné de la valeur ajoutée au processus. Nous nous étions donné l’objectif ambitieux de faire parvenir 27 États membres et le Parlement européen à un accord dans un laps de temps relativement limité. C’était déjà un défi unique, et ça n’aurait pas marché sans la participation de tous, et notamment du Parlement.

Quel est votre conseil aux négociateurs qui seront chargés de l’après-2020 ?

La clé de toute négociation est de commencer tôt, de consulter le plus d’acteurs possible et d’avoir des objectifs clairs et réalistes.

Pour l’avenir immédiat, je pense que les agriculteurs de l’UE ont besoin d’une période de stabilité politique. Nous ne devrions pas engager de nouvelles réformes sans cause valable.

Si nous révisons la PAC pour la période post-2020, ça doit être dans le but d’adapter notre politique, quand c’est nécessaire, afin qu’elle encourage plus efficacement l’intensification durable de la production alimentaire, qui est l’un des grands défis de notre temps. Nous devrions également, bien sûr, tirer les leçons qui commencent à émerger du processus d’application actuel de la PAC, et notamment en ce qui concerne la simplification.

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