5 États membres demandent de limiter des importations de céréales depuis la Russie

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La pression monte pour que des mesures telles que des droits de douane soient mises en place afin de réduire les importations de produits alimentaires russes. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les ministres de l’Agriculture de cinq pays de l’UE ont demandé à la Commission européenne de proposer un projet de législation pour limiter les importations de céréales en provenance de Russie et de Biélorussie, pour cause de concurrence déloyale et d’obligations morales.

« L’afflux d’importations russes exerce une pression sur le marché intérieur de l’UE et est en concurrence directe avec la production des agriculteurs européens, et il est impératif de remplir notre obligation morale de mettre fin à toute activité commerciale qui aide Moscou et Minsk à perpétuer le conflit contre l’Ukraine », peut-on lire dans une lettre écrite par les cinq ministres et datée du mercredi 20 mars.

La lettre, adressée au vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, et au commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, indique qu’« il est également essentiel de mettre en œuvre des mesures visant à empêcher l’entrée sur le marché européen de céréales potentiellement volées à l’Ukraine ».

La pression monte pour que des mesures telles que des droits de douane soient mises en place afin de réduire les importations de produits alimentaires russes. Le parlement letton a approuvé une interdiction unilatérale des importations de produits agricoles russes, n’autorisant que leur transit. Le Premier ministre polonais Donald Tusk, sous la pression des manifestations d’agriculteurs, a appuyé l’initiative.

Dans un communiqué commun avec M. Tusk, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé la semaine dernière que la Commission « évaluait la possibilité d’introduire des restrictions sur les importations » depuis la Russie vers l’Union européenne et « présentera une proposition sous peu ».

Symbolique pour les Ukrainiens

Ces mesures bénéficieraient aux agriculteurs européens mais auraient également « une valeur symbolique pour les Ukrainiens », selon un haut diplomate de l’UE, et elles devraient accompagner « la décision sur les MCA », les mesures commerciales autonomes visant à libéraliser les échanges avec l’Ukraine, actuellement en discussion au niveau de l’UE.

Les institutions européennes ont accepté d’introduire des mesures de sauvegarde pour une liste de produits considérés comme « sensibles » (volaille, œufs, sucre, avoine, maïs, gruau et miel), mais l’accord est toujours en attente d’approbation finale.

Avec la reconstitution des corridors de la mer Noire, a ajouté le diplomate, « l’Ukraine peut se tourner entièrement vers ses marchés traditionnels », c’est-à-dire le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, et l’UE devrait l’aider « à reconstruire ses marchés en Afrique et ailleurs, sans cependant sacrifier les agriculteurs européens ».

Des eurodéputés demandent une interdiction totale des importations d’énergie russe

Une large coalition de membres du Parlement européen a écrit aux dirigeants des institutions européennes pour leur demander d’interdire l’import d’énergie russe en Europe, y compris le gaz transporté par gazoduc et le GNL.

[Édité par Anna Martino]

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