À retenir ou encore à venir : retour sur les principaux évènements du monde agricole de l’année

L’année 2021 est encore loin de toucher à sa fin, mais elle aura déjà été riche en évènements, débats et surprises pour le secteur agroalimentaire, en France comme en Europe. [GoodStudio/Shutterstock]

Pesticides, gel, PAC, rémunération des agriculteurs… à l’occasion du départ en vacances, EURACTIV France revient sur les principaux développements dans le monde agricole cette année et fait le point sur les affaires à suivre à partir de la rentrée. 

L’année 2021 est encore loin de toucher à sa fin, mais elle aura déjà été riche en évènements, débats et surprises pour le secteur agroalimentaire, en France comme en Europe. À commencer par une petite affaire de goût : en janvier, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a donné son feu vert à la consommation humaine de… vers de farine au sein de l’UE.

En France, les esprits ont commencé à se chauffer dès le mois de février : alors que la Fondation Nicolas Hulot estimait que la France avait échoué dans sa stratégie de réduction de pesticides, la réautorisation de l’emploi de néonicotinoïdes pour la filière des betteraves attisait les foudres des organisations de protection de l’environnement et des abeilles.

Au grand dam de ces associations, le Conseil d’État a néanmoins jugé la réautorisation provisoire de l’insecticide conforme à la loi en mars. Mois qui a également vu se poursuivre la « guerre des prix » entre les producteurs et la grande distribution alors que les négociations annuelles sur les prix des produits agroalimentaires en grande surface auraient dû prendre fin le 1er mars. Autre coup dur pour le secteur : l’annulation, par le Conseil d’État, de l’obligation d’indiquer l’origine du lait sur les étiquettes, une décision jugée « à contre-courant de l’Histoire » par les producteurs français.

Mais c’est bien le mois d’avril qui s’est révélé le plus cauchemardesque pour la filière : c’est une vague de gel inédite qui a frappé les viti- et arboriculteurs de la France entière, détruisant pour beaucoup d’entre eux tout espoir d’une récolte en 2021. Cette « plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle » (selon le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie) – en réponse à laquelle le gouvernement aura mobilisé 1 milliard d’euros en soutien aux agriculteurs – a relancé les débats sur l’adaptation des filières agricoles au changement climatique.

L’un des points chauds en la matière : la question du potentiel des OGM pour l’adaptation des cultures aux conditions météorologiques extrêmes, remis sur la table par la Commission européenne avec la publication d’une étude sur les nouvelles technologies génomiques.

"Le fonds des calamités agricoles n'est plus adapté par rapport au changement climatique que nous vivons"

Face à la détresse des agriculteurs frappés par la vague de froid inédite la semaine dernière, le gouvernement français a annoncé des mesures d’urgence. Mais quelles sont les pistes pour mieux protéger les producteurs à l’avenir ?

À l’approche d’un super-trilogue au niveau européen fin mai, censé boucler le dossier de la future Politique agricole commune du bloc, en discussion depuis 2018, l’attention s’est davantage tournée vers Paris et Bruxelles – et la (très) brulante question du verdissement de l’agriculture européenne dans la cadre du Pacte vert. Les arbitrages de Julien Denormandie, présentées quelques jours avant le trilogue, n’auront pas manqué de semer la controverse en France. Les discussions au niveau européen se sont, elles, soldées par un échec cuisant.

C’est au mois de juin que plusieurs avancées importantes ont finalement vu le jour : en France, le ministre de l’Agriculture a dévoilé son plan national d’adaptation au changement climatique, quelques jours avant que le Parlement, le Conseil et la Commission européenne ne trouvent (enfin) un accord préliminaire sur la future PAC (qui, sans surprise, n’aura pas su satisfaire tout le monde).

En revanche, citoyens et associations de protection des animaux ont salué un succès historique en matière de bien-être animal au niveau européen : fin juin, la Commission européenne a annoncé son soutien à l’initiative citoyenne européenne « End the Cage Age » – et donc, la fin de l’élevage en cage dans l’UE d’ici 2027.

Et encore une bonne nouvelle côté bien-être animal : en juillet, Julien Denormandie a annoncé la fin du broyage et du gazage de poussins mâles en France dès 2022. Avec l’Allemagne et plusieurs autres pays du bloc, la France souhaite également porter le sujet au niveau européen en vue d’une interdiction de l’élimination de poussins vivants dans toute l’Union.

La France et l'Allemagne appellent à la fin du broyage des poussins

L’année 2022 sera l’année de la fin du broyage et gazage des poussins. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie en début de semaine, emboîtant le pas à l’Allemagne. Ensemble, les deux partenaires appellent le reste des États membres à suivre leur exemple.

Après une pause bien méritée cette été, les choses recommenceront à bouger dès le mois de septembre : le Sénat discutera de la proposition de loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs, adoptée par l’Assemblée nationale au mois de juin. Se tiendra également le Sommet sur les systèmes alimentaires des Nations Unies. Enfin, à la rentrée, le ministre de l’Agriculture compte présenter avec le gouvernement la réforme des outils de gestions des risques climatiques en agriculture : suite au gel dévastateur du mois d’avril, la rénovation de l’assurance récolte est au cœur des discussions.

Octobre verra la publication d’un rapport sur la situation des femmes dans les territoires ruraux : fruit d’un travail de plusieurs mois de la part de la délégation aux droits des femmes du Sénat, ce rapport, en plus d’établir un bilan important, mettra en valeur « des femmes qui, par leur engagement […], contribuent au dynamisme de ces territoires et peuvent constituer des modèles pour les jeunes filles et les autres femmes ».

Au niveau européen, le vote du Parlement européen au sujet de la future PAC est également attendu au cours de l’automne : comme le Conseil des ministres de l’Agriculture, le Parlement devra adopter l’accord préliminaire trouvé en juin pour que la PAC puisse entrer en vigueur le 1er janvier 2023. Débats tendus à attendre : si le Parlement a eu gain de cause dans certains dossiers (notamment le volet « organisation commune des marchés »), de nombreux eurodéputés regrettent un accord trop peu ambitieux à l’égard de la transition agroécologique.

En décembre, finalement, le ministre de l’Agriculture devra présenter les premiers résultats du recensement agricole 2020, opération obligatoire pour les membres de l’UE tous les dix ans avec, pour objectif, de « mieux connaître notre agriculture aujourd’hui pour mieux décider demain de politiques agricoles adaptées à la réalité du terrain ».

À l’approche du Sommet des systèmes alimentaires, Julien Denormandie affirme l’engagement de la France

À l’occasion du pré-sommet des systèmes alimentaires qui s’est tenu à Rome, le ministre de l’Agriculture a appelé à la création d’une coalition internationale en faveur de l’agroécologie. Les ONG et écologistes avertissent, eux, d’un sommet sous l’emprise des multinationales.

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