La planète à l’épreuve des importations agricoles

L’alimentation au niveau mondial reposera d’ici 10 ans de plus en plus sur les importations, au profit de quelques pays. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement

Après une décennie de croissance sans discontinuer, l’heure est au ralentissement pour l’agriculture mondiale. Dans leur rapport annuel consacré aux perspectives agricoles mondiales dans les 10 prochaines années, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) esquissent une planète dont les besoins alimentaires se tassent. En cause: de grandes économies émergentes moins dynamiques, une stagnation de la consommation d’aliments de base par habitant et une nouvelle baisse du rythme de la croissance démographique mondiale.

Les échanges se tassent

La baisse de la demande en viande explique en partie ces projections, puisque cet essoufflement «donnera un coup de frein à la demande de céréales et de tourteaux protéiques utilisés dans l’alimentation animale». Si la production mondiale de produits agricoles et de poisson en général devrait augmenter de quelque 20 % au cours de la prochaine décennie -avec des différences toutefois marquées entre les régions – les échanges de produits agricoles, halieutiques et aquacoles devraient toutefois progresser environ deux fois moins vite qu’au cours de la décennie précédente. Et ce et si le dérèglement climatique le permet et à condition que l’état dégradés des sols et la raréfaction des ressources en eau le permettent.

Importer la nourriture

C’est la hausse attendue des importations vers les pays peu dotés en terres qui marque l’édition 2018, les pays à forte croissance démographique, notamment le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et l’Asie étant appelés à connaître une hausse de leurs importations nettes (quand le continent américain devrait augmenter substantiellement ses exportations). En Europe, l’importance croissante de la Fédération de Russie et de l’Ukraine sur le marché mondial des céréales, qui devrait se confirmer, est une évolution «notable».

«Il sera essentiel que les exportateurs aussi bien que les importateurs puissent s’inscrire dans un cadre d’action ouvert et prévisible en matière d’échanges», a déclaré Angel Gurría, le Secrétaire général de l’OCDE. A l’échelle des Etats, les deux organisations recommandent de délaisser les mesures de soutien aux céréales fortement consommatrices d’eau (comme le maïs) pour augmenter le soutien en faveur du développement rural, de la lutte contre la pauvreté et de la production de produits horticoles à plus forte valeur ajoutée.

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