Agriculture : les frontières vont-elles enfin s’ouvrir pour les saisonniers ?

Dans le Sud, la pénurie de main-d’œuvre s’aggrave à l’aube de la pleine saison : les agriculteurs français espèrent voir rapidement les frontières rouvrir pour les saisonniers étrangers. Décision imminente du gouvernement. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Fruits, légumes : la saison des récoltes bat son plein dans le sud de la France. Les agriculteurs ont accueilli avec soulagement l’annonce, la semaine dernière, par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, de « dérogations supplémentaires » pour franchir la frontière avec un pays européen, notamment un motif économique impérieux pour les travailleurs saisonniers agricoles.

Elle tarde, toutefois, à se concrétiser. Lundi, 200 saisonniers espagnols ont été refoulés à la frontière avec les Pyrénées-Orientales. La semaine précédente, 73 Bulgares – dont certains venaient travailler dans le maraîchage – avaient été refoulés à l’aéroport de Roissy.

Un tiers de la main-d’œuvre

Les étrangers représentent habituellement « au moins un tiers de la main-d’œuvre saisonnière » agricole, selon le syndicat majoritaire FNSEA. Pour faire tourner ses exploitations maraîchères, arboricoles et ses vignes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment, dépend très largement de la main-d’œuvre étrangère.

Après la fermeture des frontières pour freiner l’épidémie de Covid-19, les besoins n’ont été que partiellement couverts par l’appel aux personnes en chômage partiel à rallier les champs, en dépit de l’afflux de plus de 300 000 candidatures sur la plateforme dédiée. Qui a fait un flop… Les agriculteurs eux-mêmes étaient réticents à recruter des néophytes, souvent moins efficaces, et dont la disponibilité n’était pas garantie au-delà du confinement.

Les Français appelés au champ pour pallier l'absence des travailleurs agricoles étrangers

Le gouvernement a appelé les Français au chômage technique à se rendre disponible pour aider les agriculteurs dans les récoltes saisonnières. Un patriotisme agricole qui s’accorde mal avec le durcissement du confinement.

Certains ont réussi à combler leurs besoins avec des gens du coin. Mais la plupart des personnes en chômage partiel vont progressivement reprendre leur activité, avec le déconfinement. Même avec la meilleure volonté, ces novices n’égalent pas la productivité des étrangers aguerris, renchérissant le coût des fruits et légumes : la récolte revient un tiers plus cher avec les néosaisonniers.

« Arbitrage dans la journée »

D’ordinaire, plus de la moitié de ces saisonniers ne sont pas des résidents français : il s’agit d’Européens (Espagnols, Portugais, Polonais, Roumains, Bulgares…), mais aussi de Tunisiens et Marocains recrutés via les contrats de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII, hors espace Schengen).

Concernant ces contrats OFII, aucune dérogation n’est attendue : environ 5 000 personnes n’auront pas la capacité de venir en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Quant aux Européens (espace Schengen), il tarde qu’ils puissent arriver. « Ça a été annoncé, il faut que ça se débloque rapidement », insiste André Bernard, le président de la chambre régionale d’agriculture.

Mercredi matin, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a affirmé que la question allait être « arbitrée dans la journée, ou ce jeudi, car nous avons besoin de cette main-d’œuvre pour faire tourner l’agriculture française ». Les dérogations concerneront « les ressortissants d’un pays membre de l’Union européenne munis d’un contrat de travail avec une exploitation agricole établie en France », a-t-il précisé.

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