Agriculture : l’Espagne réclame un renforcement des règles de l’UE contre les pratiques commerciales déloyales

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Le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas. [Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación (MAPA)]

Pour tenter d’apaiser la colère des agriculteurs, le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas, a annoncé jeudi (15 février) qu’il demanderait à la Commission européenne de mettre à jour la directive de l’UE sur les pratiques commerciales déloyales dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

À l’issue d’une réunion avec les principales organisations agricoles espagnoles (ASAJA, COAG et UPA), M. Planas a déclaré que la loi espagnole sur la chaîne alimentaire était « pionnière » et qu’elle pourrait servir de modèle pour la mise à jour de la législation de l’UE relative aux pratiques commerciales déloyales.

« Il s’agit probablement d’une tâche pour la prochaine législature [de l’UE] », a déclaré M. Planas, ajoutant qu’il présenterait également plusieurs propositions visant à simplifier les exigences environnementales lors de la prochaine réunion des ministres de l’Agriculture du Conseil de l’UE, qui se tiendra le 26 février.

L’annonce de M. Planas fait suite à une démarche similaire du président français Emmanuel Macron, qui a appelé le 5 février dernier à un renforcement de la législation de l’UE afin de garantir une meilleure protection des agriculteurs, considérés comme les acteurs économiquement les plus faibles de la chaîne alimentaire.

« Egalim européen » : Emmanuel Macron veut s'attaquer aux centrales d'achats européennes

Le président de la République a annoncé à Bruxelles jeudi (1er février) qu’il voulait étendre la loi française visant à protéger les revenus des agriculteurs à l’ensemble de l’UE pour éviter les contournements par les centrales d’achats européennes. Reste toutefois à convaincre les autres États membres, en particulier l’Allemagne.

Renforcer les contrôles nationaux

Alors que M. Planas a déclaré que la loi espagnole sur la chaîne alimentaire « fonctionnait bien », il a promis de renforcer son application.

Il a annoncé la création d’une « agence d’information et de contrôle des aliments », qui renforcera les capacités de l’actuel organisme ministériel chargé de contrôler l’application de cette loi.

Pour qu’un tel organisme devienne réalité, une nouvelle législation devra être adoptée.

Cette mesure fait partie d’un ensemble de 18 mesures et demandes adressées à l’UE et portant sur des questions telles que la simplification de la Politique agricole commune (PAC), la réciprocité des exigences de production pour les agriculteurs de pays tiers, l’exonération fiscale sur les carburants agricoles et la mise à jour du système espagnol de soutien aux assurances pour les exploitations agricoles.

Malgré cela, l’organisation agricole a décidé de ne pas annuler les manifestations prévues à travers le pays. Mercredi prochain (21 février), les agriculteurs se rassembleront à Madrid et le lendemain, ils prévoient de bloquer les ports d’Algésiras — le plus grand d’Espagne — et de Valence.

Le carnet numérique

Afin d’alléger la charge administrative à laquelle les agriculteurs sont confrontés, M. Planas a également accepté de supprimer l’obligation de mettre en œuvre le « carnet numérique » — un outil obligatoire dans lequel les agriculteurs doivent enregistrer leurs activités, telles que l’utilisation de pesticides et l’irrigation.

Désormais, cet outil sera facultatif et son adoption « sera encouragée » par des mesures d’incitation qui restent à déterminer.

Les agriculteurs croates maintiennent la pression sur le gouvernement

Les agriculteurs croates ont décidé d’attendre les résultats de la réunion des agriculteurs de l’UE qui aura lieu la semaine prochaine pour manifester, et ont organisé un nouveau cycle de négociations avec le gouvernement pour voir s’il répondra à leurs demandes.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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