La Métropole du Grand Paris et la Chambre d’Agriculture d’Île-de-France joignent leurs forces pour une « agriculture métropolitaine durable »

Actuellement, les terres agricoles couvrent seulement 2 % du territoire de la Métropole du Grand Paris. D'ici à 2030, la Métropole souhaite plus que doubler ce chiffre. [Jakob Fischer/Shutterstock]

Protéger les espaces agricoles, développer l’agriculture urbaine, favoriser le développement des circuits courts : ce sont des objectifs que la Métropole du Grand Paris et la Chambre d’Agriculture d’Île-de-France souhaitent désormais réaliser ensemble dans le cadre de leur convention-cadre de stratégie partagée sur l’agriculture, signée mardi (30 mars).

Ce serait « un signe fort » de voir que la Métropole du Grand Paris s’intéresse à l’agriculture, s’est félicité le président de la Chambre de l’Agriculture d’Île-de-France (CAIDF) lors de la signature de la convention. Cette dernière « nous donne une feuille de route pour travailler ensemble au soutien et au développement d’une agriculture métropolitaine durable et résiliente », a fait savoir le président de la Métropole, Patrick Ollier.

Pour une durée initiale de 3 ans, le partenariat doit permettre aux deux parties de conduire des projets et actions ensemble dans le cadre d’une « concertation permanente ». Les partenaires porteraient « un regard convergent sur la nécessité de créer et maintenir les conditions d’une agriculture économiquement forte, socialement viable et vivable et écologiquement responsable », selon le document signé mardi.

La Métropole et la CAIDF s’engagent tout particulièrement à « maîtriser la consommation de foncier agricole, en évitant dans la mesure du possible l’étalement urbain », à valoriser les produits locaux, « vecteurs du patrimoine gastronomique francilien », et à « créer les conditions de réussite des agriculteurs et de résilience des exploitations agricoles » sur le territoire du Grand Paris.

Concrètement, ces ambitions seront déclinées à travers plusieurs domaines d’action : l’aménagement, le soutien aux projets agriurbains, l’accompagnement des projets d’installation, le soutien à la structuration et à la diversification des filières alimentaires et non alimentaires, la recherche de nouveaux débouchés aux produits agricoles, l’approvisionnement en restaurant collective et le développement d’équipements de transformation agricole et agroalimentaire, mais aussi la préservation de la ressource en eau ainsi que la gestion du volet inondation.

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Vers un système alimentaire « plus durable » sur le territoire métropolitain

Cette convention serait le résultat d’une prise de conscience, côté Métropole, d’un « besoin de partenariat étroit avec la profession agricole », selon le document officiel. La Métropole du Grand Paris est compétente notamment en matière d’aménagement de l’espace métropolitain, de développement économique et social, de la protection et mise en valeur de l’environnement et de la politique du cadre de vie et de la gestion des milieux aquatiques.

Dans le cadre de son Projet d’Aménagement et Développement Durable, elle poursuit des orientations comme celle de « renforcer la présence de la nature et de l’agriculture en ville » et de « lutter contre les dégradations environnementales, notamment par l’arrêt de la consommation et la reconquête des espaces naturels, boisés et agricoles », détaille le document de la convention-cadre dans son préambule.

Actuellement, les terres agricoles couvrent seulement 2 % du territoire de la Métropole du Grand Paris, soit 2148 hectares, pour 102 exploitations agricoles – une pour 74 000 consommateurs. En comparaison, la région Île-de-France compte une exploitation pour 2360 consommateurs – et la France tout entière une pour 128.

La Métropole compte « sanctuariser » ces « surfaces agricoles existantes » et en développer 3000 hectares de plus d’ici à 2030 dans le cadre de son Plan Climat Air Énergie, adopté en 2018. Le but : une autonomie de la Métropole en fruits et légumes de 15 %.

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« Partant du constat d’un très faible ancrage territorial de l’alimentation et du rôle clé de l’alimentation sur l’environnement et la santé », la Métropole dit vouloir « orienter le territoire vers un système alimentaire plus durable, inclusif et résilient ». Outre le soutien à une agriculture plus durable, la Métropole s’engage à rapprocher les producteurs et les consommateurs, à augmenter l’approvisionnement bio et local dans la restauration collective et à œuvrer pour la lutte contre le gaspillage alimentaire et le recyclage des déchets.

Compte tenu de sa compétence en matière de gestion des milieux aquatiques, la Métropole ambitionne par ailleurs de « mener une gestion intégrée, durable et équilibrée de l’eau et des milieux aquatiques », peut-on lire dans le document.

Autant d’ambitions qui nécessiteraient une meilleure concertation avec le monde agricole dans un souci de « mise en cohérence de l’ensemble des politiques publiques ». « La diversité des acteurs relevant de l’économie agricole sur le territoire de la Métropole » impliquerait d’avoir un seul interlocuteur « pilote des négociations avec le monde professionnel agricole » – partenaire que la Métropole aura donc trouvé dans la CAIDF, « interlocuteur privilégié de l’ensemble des acteurs du monde agricole, rural et forestier auprès des instances publiques ».

Pour mettre en œuvre leurs objectifs partagés, les signataires prévoient la mise en place d’un comité de pilotage, qui se réunira « au moins une fois par an », ainsi que d’un comité technique. Reste à voir si les actions seront à la hauteur des ambitions.

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